Note sur la présence historique de Boltonia asteroides (L.) L’Hér. dans le département de l’Isère, France

Title

Note on the historical presence of Boltonia asteroides (L.) L’Hér. in the department of Isère, France

Résumé

Sur la base d’un spécimen de l’herbier de l’Université Grenoble Alpes (GR), nous documentons la présence au xixe siècle d’une Asteraceae nord-américaine, Boltonia asteroides (L.) L’Hér., dans le département de l’Isère.

Abstract

On the basis of a specimen from the herbarium of the University of Grenoble Alpes (GR), we document the presence in the nineteenth century of a North American Asteraceae, Boltonia asteroides (L.) L’Hér., in the department of Isère.

1. Introduction

Durant les trois dernières décennies, de nouvelles approches et le développement de nouvelles technologies ont considérablement relancé l’intérêt des collections d’herbiers, comme le montre une hausse exponentielle des publications (Marín-Rodulfo et al., 2024). Sources de nombreuses informations et données comme la phénologie (Lavoie & Lachance, 2006 ; Willis et al., 2017), les traits fonctionnels chez les Phanérogames (Perez et al., 2020 ; Heberling, 2022) comme chez les lichens (Simijaca et al., 2023), la pigmentation des fleurs (Koski et al., 2020), les pollens (Johnson et al., 2019), etc., les spécimens d’herbiers permettent aussi d’autres recherches comme la présence et l’évolution de phytopathogènes (Grasso et al., 2024), les dommages causés par l’herbivorie (Meineke et al., 2020) ou le séquençage de l’ADN ancien (Burbano & Gutaker, 2023 ; Nithaniyal et al., 2025).

Ils sont aussi des témoins pour appréhender la perte de biodiversité et les changements d’habitat résultant des modifications climatiques (Lang et al., 2019 ; Mandrioli, 2023). La numérisation des spécimens, en lien avec la mise à disposition des données (dans des projets comme RecolNat par exemple), a facilité aussi les travaux de recherche en botanique systématique, et l’intelligence artificielle ne sera sans doute pas en reste (Tessler & Little, 2023). Les collections sont aussi considérées comme la principale source de la découverte d’espèces nouvelles (Bebber et al., 2010) et peuvent documenter la flore locale.

L’Herbier de l’université Grenoble Alpes (code GR ; voir Index Herbariorum, 2025) a commencé son histoire à la fin du xixe siècle, lors de la création en 1875 d’une chaire de botanique à la Faculté des sciences de Grenoble. Hébergé actuellement dans les locaux du Jardin du Lautaret sur le campus universitaire de Grenoble et géré par son équipe, il fait l’objet depuis 2021 d’un projet de rénovation baptisé GRénove. De plus, dans le cadre du projet BotAlpes (plateforme de ressources patrimoniales sur la botanique alpine en accès ouvert), nous procédons actuellement à la numérisation de celui-ci, via les services de l’INIST (Institut de l’information scientifique et technique, CNRS) à Nancy. Dans ce cadre, nous avons fait la découverte d’une part de Boltonia asteroides (L.) L’Hér., appartenant à la famille des Asteraceae, collectée dans le département de l’Isère. Après quelques recherches, il est apparu que ce taxon n’était pas indiqué pour la flore de ce département, non plus que considéré comme présent actuellement en France. Nous profitons de cette découverte pour faire un point sur la connaissance historique de cette espèce sur notre territoire et montrer encore une fois l’intérêt de conserver et d’étudier les herbiers.

 

2. Boltonia asteroides, une astéracée nord-américaine

Appartenant à la famille des Asteraceae, le genre Boltonia L’Hér. fut décrit par Charles Louis L’Héritier de Brutelle (1746-1800) en 1789 dans son Sertum Anglicum, seu, Plantae rariores quae in hortis juxta Londinum (1788 : 16, Tab. 36). Selon Morgan (1966), le genre comprend cinq espèces : B. asteroides (L.) L’Hér., B. caroliniana (Walter) Fernald, B. decurrens (Torr. & A. Gray) Wood, B. diffusa Elliott et Boltonia apalachicolensis L.C. Anderson, se répartissant en Amérique du Nord. B. asteroides avait vu sa description faite par Carl Linnaeus en 1767 dans son Mantissa Plantarum (1767 : 116), sous le nom de Matricaria asteroides [lectotype : Herb. Linn. n° 1013.6 (LINN), désigné par Fernald (1940)].

N’ayant pas de description dans les flores françaises, nous indiquons ici celle publiée dans Flora of North America (Karaman-Castro & Urbatsch, 2006 : 353) que nous traduisons :

Plante de 30-200 mm, stolonifère. Tiges dressées. Feuilles à limbes linéaires ou lancéolés à oblancéolés ; les caulinaires 20-220 × 2-30 mm, à base non décurrente. Capitules généralement en corymbes, parfois en panicules, tiges étalées à ascendantes, la plupart des bractées foliacées, 15-120 × 2-18 mm. Pédoncules 5-220 mm ; bractées 0-15, linéaires à subulées ou ovales à oblancéolées, 2-12(-62) mm. Involucre 3-5 × 4-14 mm. Bractées en 3-5 séries, subulées, linéaires, lancéolées ou spatulées, subégales, 0-6 fusionnant vers le bas des pédoncules ; les externes 1,5-3,8 × 0,4-1,6 mm ; les internes 2,1-4 × 0,3-1,5. Fleurs ligulées 20-60 ; corolles blanches à lilas, limbes 5-13 mm, tubes 0,5-1,7 mm. Fleurs tubulaires 65-170 ; corolles 1,5-2,6 mm. Cypsèles obovoïdes, 1-3 × 0,8-2 mm, ailes de 0,1-0,5 mm de large ; aigrettes de 0,4-2 mm (longueur ± 2/3 des cypsèles).

Même si Townsend (2013) reconnaissait une var. glastifolia (Hille) Fernald à B. asteroides, trois variétés seulement sont actuellement reconnues dans WFO Plant List (2025) : la variété type B. asteroides var. asteroides, B. asteroides var. latisquama (A. Gray) Cronquist et B. asteroides var. recognita (Fernald & Griscom) Cronquist, se répartissant essentiellement dans la partie est des États-Unis, dans l’Idaho et l’Oregon (var. recognita), ainsi que les provinces du Saskatchewan et du Manitoba au Canada.

 

3. Les données pour la France

Actuellement, Boltonia asteroides n’est pas considérée comme présente sur le territoire métropolitain et n’est pas signalée dans Flora Gallica (Tison & de Foucault, 2014). De plus, ce taxon n’est pas non plus cité dans les principales flores françaises plus anciennes : Rouy (1897-1899), Coste (1937), Fournier (1947) ou Guinochet & de Vilmorin (1973-1984). Nous n’avons pas épluché l’ensemble des catalogues et florules provinciales, régionales ou départementales (voir Charpin, 1999, pour une idée du travail à faire) ni ce que nous pourrions appeler des « contributions à l’inventaire de la flore » publiées dans les diverses revues de botanique.

L’espèce semble toutefois avoir été à la mode dans le monde horticole, comme en témoigne sa présence dans le catalogue du pépiniériste Sedy à Lyon en 1810 (Sedy, 1810). Dans le septième tome de l’Herbier général de l’amateur, on trouve aussi cette citation à propos de Boltonia glastifolia (= B. asteroides) : « La boltone à feuilles de pastel est une plante rustique, qui ne demande aucun soin particulier, et qui est très-bonne pour servir d’ornement dans les plates-bandes des grands jardins. Elle réussit particulièrement dans les terrains un peu frais. Ses fleurs paraissent en septembre et octobre. On la multiplie très facilement par les éclats tirés de ses racines. » (Mordant Delaunay, 1824). Une planche de Pancrace Bessa (1772-1846), peintre de fleurs de la duchesse de Berry, illustre l’espèce (photo 1). La seule mention floristique bibliographique que nous ayons rapidement trouvée l’a été grâce à la consultation du Global Biodiversity Information Facility (GBIF). C’est dans le Prodromes d’une flore nouvelle des plantes vasculaires du Bourbonnais (deuxième mémoire), de Simon-Étienne Lassimone (1868-1944), publié entre 1925 et 1928, que se trouve cette citation : « Boltonia glastifolia L’Hér. Bord des fossés, devant les jardins à Bessay. » (Lassimone, (1884-1928). Boltonia glastifolia L’Hér. a été mis en synonymie de B. asteroides (L.) L’Hér.

Photo 1. Planche de Boltonia glastifolia par P. Bessa, in Mordant Delaunay, 1824 (planche 479) ; https://www.biodiversitylibrary.org/ item/220981#page/223/mode/1up.

Afin de se faire une idée de la présence historique de cette espèce sur le territoire, nous avons mené une recherche dans quelques herbiers, utilisant le GBIF, l’INPN, le portail des collections du Muséum national d’histoire naturelle, ainsi que par une demande sur le réseau des herbiers de Tela-Botanica. Les informations recueillies, qui ne se veulent en rien exhaustives, sont présentées dans le tableau 1.

Le plus souvent cultivée ou probablement échappée de culture ou de jardin, Boltonia asteroides a été signalée entre le début du xixe et le premier tiers du xxe siècle sur le territoire métropolitain. Les parts d’herbier permettent aussi de noter que, pour la phénologie, l’espèce est généralement en fleurs en septembre/octobre.

On attirera aussi l’attention sur la base de données des Trachéophytes de France métropolitaine et régions avoisinantes (BDTFX), accessible sur le site internet de Tela-Botanica, qui signale sa présence dans l’Allier et une présence à confirmer en Côte-d’Or. La carte des Observations ne montre, elle, aucun point (source : https://www.tela-botanica.org/bdtfx-nn-81322-repartition). Dans le Carnet en ligne, une indication à Montélier (Drôme) en 2016, par Christiane Latombe. La qualité de la photo ne permet pas une identification certaine (la confusion avec un Symphyotrichium n’est pas impossible).

Tableau 1. Synthèse des quelques données d’herbiers que nous avons compilées pour Boltonia asteroides (L.) L’Hér. Abréviations des herbiers – LY : Université Claude-Bernard Lyon 1 ; MT : Herbier Marie-Victorin, Université de Montréal ; P : Muséum national d’histoire naturelle, Paris ; STR : Université de Strasbourg ; UM-MPU-MPU : Université de Montpellier.

Date Données
1804 « Cult. Savoie » [collecté par Perret, Herbier M. Gandoger (LY)], sous Boltonia glastifolia (Hill) L’Hér.
1805 « ex horto 1805 » [Herbier Faculté de Médecine (UM-MPU-MPU 1111860)], sous Boltonia glastifolia (Hill) L’Hér.
1837 (26 septembre) « Hort. Montp. » (Hortus Montpeliensis) (UM-MPU-MPU 1113574)
1848 Jardin botanique de Paris (« Hort. Bot. Parisiensis » (MNHN-P-P03267844)]
1857 « Cult. Savoie » [collecté par F. Bertet, Herbier M. Gandoger (LY)], sous Boltonia glastifolia (Hill) L’Hér.
1866 (22 septembre) « Bords du Rhône à Lyon » [Herbier M. Gandoger (MNHN-P-P00791959)], sous Boltonia glastifolia (Hill) L’Hér.
1867 « La Grange Perret (jard.), Arnas, Rhône » [Herbier M. Gandoger (LY0797453)], sous Boltonia glastifolia (Hill) L’Hér.
1870 (juin) « Arnas, Rhône » [Herbier M. Gandoger (MNHN-P-P03891464)], sous Boltonia glastifolia (Hill) L’Hér.
1884-1928 ? Bessay-sur-Allier (Allier) in Lassimone (1884-1928) ; source : Inventaire national du patrimoine naturel (2022). Acquisition_CBNMC, UAR PatriNat (OFB-MNHN-CNRS-IRD), Paris. Occurrence dataset https://doi.org/10.15468/pj62sn [2025-11-13], https://www.gbif.org/occurrence/3937083436
1884 (novembre) « Naturalisée ; le long des ruisseaux et des marres. Villenave-d’Ornon, Gironde » [collecté par Merlet, Herbier Bonaparte (LY0315910)], sous Boltonia glastifolia (Hill) L’Hér.
1902 (2 octobre) « Naturalisé aux bords de la Meurthe à Nancy » [collecté par M. Petitmengin, Herbier E.J. Neyraut (UM-MPU-MPU1113564)]
1905 (octobre) Jardins, Aisne, Saint-Quentin [collecté par C. Magnier, Herbier Bonaparte (LY0315879 ; LY0315878 ; LY0315880)], sous Boltonia glastifolia (Hill) L’Hér.
1906 (septembre) Cultivé. Clermond-Ferrand, Puy-de-Dôme [collecté par frère Héribaud, Herbier Bonaparte (LY0315885, LY0315887, LY0315888, LY0315889, LY0315891, LY0315892, LY0315893, LY0315896)], sous Boltonia glastifolia (Hill) L’Hér.
1908 (7 septembre) « Environs de Paris » [Herbier G. Hibon (MNHN-P-P03267841)]
1908 (octobre) Jardins. Aisne, Saint-Quentin [collecté par C. Magnier, Herbier Bonaparte (LY0315867 ; LY0315868)]
1908 (septembre) Jardin botanique St-André. Clermond-Ferrand, Puy-de-Dôme [collecté par frère Héribaud, Herbier Bonaparte (LY0315872, LY0315875, LY0315876, LY0315877, LY0315895, LY0315897, LY0315898, LY0315899, LY0315900, LY0315901, LY0315902)], sous Boltonia glastifolia (Hill) L’Hér.
1908 (septembre) Jardin botanique St-André. Clermond-Ferrand, Puy-de-Dôme [collecté par frère Gaston, Herbier Bonaparte (LY0315903, LY0315905, LY0315904, LY0315907, LY0315906, LY0315908, LY0315909)], sous Boltonia glastifolia (Hill) L’Hér.
1921 ?  « Cultivé au Jardin botanique de la faculté de Médecine et de Pharmacie de Bordeaux, à Talance de graines provenant en 1921 du Jardin Bot. de Madrid sous le nom de Boltonia latisquama » [Hebrier. E.J. Neyraut (UM-MPU-MPU1111859)]
1923 (15 septembre) « Gironde : Bordeaux, Jardin botanique. Cultivé d’un pied provenant de la pépinière de la ville à Carrère. » [collecteur A. Bouchon, Société francaise, 1924 Exsicc. Ch. Duffour (MNHN-P-P03891465), sous Boltonia glastifolia (Hill) L’Hér.
1923 (15 septembre) « Gironde : Bordeaux, Jardin botanique. Cultivé d’un pied provenant de la pépinière de la ville à Carrère. » [collecteur A. Bouchon, Société francaise, 1924 Exsicc. Ch. Duffour (MNHN-P-P03314232) , sous Boltonia glastifolia (Hill) L’Hér.
1923 (15 septembre) Jardin botanique de Bordeaux (Gironde) [MT00217265] ; source : Brouillet L., Sinou C. (2024). Marie-Victorin Herbarium (MT) – Plantes vasculaires, version 14.13. Université de Montréal Biodiversity Centre. Occurrence dataset https://doi.org/10.5886/rzav8bu2 accessed via GBIF.org [2025-11-13], https://www.gbif.org/occurrence/1417514280
1931 (23 septembre) « Colmar (Haut-Rhin), cultivée » [Walter E., Loyson E., Kapp E. (STR16294)]
1946 (octobre) « Cultivé dans notre jardin à Néoux (Creuse) » [Herbier L. Rothkegel (MNHN-P-P03267843)]
Sans date Chéraute (Pyrénées-Atlantiques) ; source : Aizpuru Oiarbide I (2020), Base de datos de plantas vasculares del País Vasco: ARAN-EH, version 1.7. Aranzadi Science Society. Occurrence dataset https://doi.org/10.15468/m86bzk accessed via GBIF.org [2025-11-13], https://www.gbif.org/occurrence/2994453645
Sans date « Jardin de Paris » [Herbier J.B. Mougeot (MNHN-P-P01050847)]
Sans date « Lyon, Cultivé » [Herbier Sagot (LYJB016699)]
Sans date « Cultivé – Hortus Lugdunensis » [Herbier Foudras (LYJB018873)]

 

4. Boltonia asteroides en Isère

C’est lors du rangement d’une boîte d’herbier de la famille des Astéracées que notre œil fut attiré par une part d’une espèce qui nous était inconnue (photo 2). La planche d’origine présentait deux étiquettes collées : à gauche (photo 3), portant l’identification du spécimen : « Boltonia asteroides Sims = B. diffusa Ell. d’après l’Index Kewensis ». L’étiquette de droite, elle, est plus instructive (photo 4). Elle porte un numéro en haut à gauche : 911 (ou 914 bis ?), indiquant que la part semble faire partie d’une collection, et possiblement qu’un inventaire en était tenu. La localisation « à Voreppe, dans un fossé sur les bords de l’Isère » situait le spécimen à une dizaine de kilomètres au nord-ouest de Grenoble, dans le département de l’Isère. La date de récolte : « juillet-août 1814 » (ou 1864 ?). Sans signature, malgré nos connaissances et des recherches menées auprès de notre collègue Matthieu Lefebvre (Muséum d’histoire naturelle de Grenoble), ces étiquettes manuscrites n’ont pu être rattachées pour l’instant au nom d’un botaniste.

Cette part est donc, en l’état actuel, la seule trace de la présence à la fin du xixe siècle de cette espèce dans le département de l’Isère. Peut-on envisager que cette plante se soit installée et soit encore présente ?

Voreppe est une commune qui borde la rivière Isère sur près de sept kilomètres. Dès le xiiie siècle, un port y est signalé, et il semble qu’au xviiie siècle un embarquement pour Beaucaire (Gard) était devenu un événement mondain. Un bac existe dans le secteur ouest où quelques mariniers habitent le hameau de Brandegaudière (Penon & Vin, 2011). Il permet de traverser la rivière, jusqu’à la construction d’un pont sur la commune de Veurey en 1853, l’arrivée du train et la création de la route (actuelle D 1075). La traversée est compliquée, la rivière présente encore de nombreuses tresses, comme en témoigne la toponymie locale : l’île Chartreux, l’île Plançon, l’île Gabourg, l’île Magnin, etc. Il faut attendre 1850 pour que l’endiguement de la rivière Isère soit terminé et que la commune soit protégée des crues. Cela n’empêche toutefois pas les débordements : les 2 novembre 1859, puis les 22 et 23 juillet 1914, le 22 octobre 1928, les eaux envahissent la plaine, modifiant sans nul doute les abords de la rivière. Après la Deuxième Guerre mondiale, comme dans l’ensemble de ce secteur du nord de Grenoble, un fort développement urbanistique va entraîner une profonde modification de ses paysages. Il est donc fort probable que l’espèce n’ait pu s’installer et ait disparue, n’étant par ailleurs, rappelons-le, signalée nulle part en France actuellement. Une prospection en octobre 2025, dans le secteur de l’île du Pont, n’a pas permis de retrouver cette plante. Mais Boltonia asteroides reste à rechercher dans le secteur, et peut-être aussi dans d’anciens jardins ?

Photo 2. Part de Boltonia asteroides dans l’Herbier de l’Université Grenoble Alpes (GR010144) ; Jardin du Lautaret, CC-BY-NC-ND.
Photo 3. Étiquette bas gauche de la part GR010144 ; Jardin du Lautaret, CC-BY-NC-ND.
Photo 4. Étiquette bas droite de la part GR010144 ; Jardin du Lautaret, CC-BY-NC-ND.

5. Conclusion

La présence historique de Boltonia asteroides dans l’Isère montre une nouvelle fois, s’il en était besoin, l’intérêt des collections naturalistes, particulièrement des herbiers. Comme le dit Muller (2015), ils «représentent la mémoire des plantes présentes à la date et au lieu de leur récolte », permettant de documenter, par exemple, l’arrivée et l’expansion d’espèces exotiques. Le projet GRénove s’inscrit ainsi dans l’amélioration de la connaissance que peut apporter un herbier de près de 150 ans à la flore locale, par l’ensemble des informations et données qu’il contient.

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Remerciements

En premier lieu nous souhaitons remercier Jean-Gabriel Valay, directeur du Jardin du Lautaret, pour avoir accepté le projet de rénover l’herbier de l’université, et les brillants commentaires apportés à cet article. Remerciements également à MM. Matthieu Lefevre (Muséum d’histoire naturelle de Grenoble), Michel Hoff (Société botanique d’Alsace), Frédéric Danet (Jardin botanique de Lyon), Frédéric Gourgues (Gentiana, Grenoble), Claude Roulet (Société linnéenne de Lyon), Marc Philippe (Université Lyon 1), Mmes Pascale Bellier (Société linnéenne de Lyon) et Mélanie Thiebaut (Herbier LY- FR-BioEEnVis, UCB Lyon1) pour les informations qu’ils nous ont fournies ainsi que pour le temps de recherche dans leurs différents herbiers. La numérisation de l’herbier se fait dans le cadre de la plateforme BotAlpes du projet GATES (Grenoble ATtractiveness and ExcellencES, ANR-22-EXES-0001). Merci également aux relecteurs anonymes qui ont amélioré ce manuscrit.