Compte rendu de la session batologique 2025 de la SBOcc : le Luchonnais

Title

Report of the batological excursion 2025 of the SBOcc: the Luchonnais

Résumé

Après trois sessions de terrain (2021 et 2022 dans le Haut-Languedoc, 2023 dans la vallée d’Aure) et une année sans session batologique, cette quatrième rencontre avait pour objectif de retrouver des ronces décrites par Henri Sudre il y a plus d’un siècle dans cette partie des Pyrénées : le Luchonnais. Les prospections ont été fructueuses avec 42 ronces récoltées, 15 espèces retrouvées et identifiées et 11 espèces que nous connaissions déjà (déjà rencontrées lors des sessions précédentes). Une clé de détermination des Rubus du secteur, succincte pour l’instant, sera proposée.

Abstract

After three field sessions (2021 and 2022 in the Haut-Languedoc, 2023 in the Aure Valley) and a year without any batological sessions, this fourth meeting aimed to rediscover brambles described by Henri Sudre over a century ago in this part of the Pyrenees: the Luchonnais. The surveys were fruitful, with 42 brambles collected, 15 species found and identified, and 11 species already known to us (having been encountered during previous sessions). A preliminary identification key for the Rubus species in the area will be provided.

1. Introduction

Après la session en vallée d’Aure, l’équipe des batologues de la SBOcc (Lionel Belhacène, Olivier Argagnon, Christophe Bergès, Laure Sirvent, Rémy Humbert et Léa Pichon), dont un noyau dur commence à se dessiner, s’est intéressée à l’étude des ronces dans les alentours de Bagnères-de-Luchon. Henri Sudre ayant déjà travaillé sur cette chaîne montagneuse entre les années 1898 et 1903, nous avions quelques pistes pour herboriser. Nous avons choisi de partir dans le Luchonnais, dans le département de la Haute-Garonne, car Sudre y avait décrit plusieurs dizaines de taxons. C’était donc à nous maintenant de les retrouver et de mieux comprendre la batoflore de cette région centrale des Pyrénées, en complémentant les recherches de 2023 en vallée d’Aure, située à moins de 30 km.

Le climat de cette année 2025 était très agréable et bien propice pour trouver de belles ronces. La période choisie (surtout dictée par les possibilités de temps libre à consacrer à cette session) et un temps frais qui a sévi au mois de mai ont par contre assez fortement retardé la floraison des ronces. Nous sommes donc venus les étudier un peu trop tôt pour cette altitude. Si dans la vallée, les ronces étaient souvent bien développées (bien que très rarement en fruits), dès que nous montions un peu en altitude, le matériel présent était souvent à peine fleuri et pas toujours étudiable. C’est donc encore, avec plein d’enthousiasme, que l’équipe est partie à la conquête des épineuses plantes de cette vallée.

Installés dans un sympathique logement de la commune de Benque-Dessous-et-Dessus, à l’entrée de la vallée d’Oueil, presses à herbiers prêtes, sécateurs affûtés, sacs empilés, nous voici prêts pour nos recherches.

 

2. Descriptif de la zone prospectée

La zone étudiée se trouve dans les Pyrénées centrales, à l’est du département des Hautes-Pyrénées et à l’ouest de l’Ariège ; c’est la petite partie pyrénéenne de la Haute-Garonne. Nous avons principalement herborisé dans la partie médiane de la vallée de la Pique (petite rivière qui prend sa source non loin des bâtiments d’Hospice de France sur le versant nord de la chaîne) et un peu plus en amont, le long de quelques affluents comme le Lis et la Neste d’Oô. Toutes nos herborisations se sont faites à moins de 6 km de Bagnères-de-Luchon (à vol d’oiseau ; planche 1).

Climat : l’ensemble de nos prospections a été fait dans un climat caractérisé comme « climat de montagne ». Des petites différences, principalement dues aux reliefs alentour et à l’altitude, peuvent être mises en évidence. La pluviométrie est parfois assez faible pour ces altitudes, surtout dans la vallée de la Garonne entre Saint-Béat et Montréjeau (partie non herborisée). Elle augmente en amont de cette vallée et dans la vallée de la Pique.

Géologie (très simplifiée) : notre terrain de jeu s’est principalement passé sur des sols issus de roches sédimentaires datant du Dévonien inférieur (-420 à -390 Ma) qui sont soulevées tout d’abord lors de l’époque varisque, aussi appelée orogénèse hercynienne (entre 320 et 270 Ma, du Carbonifère supérieur au Permien), puis jusqu’à ce que « récemment » (il y a environ 40 Ma), la plaque ibérique entre de nouveau en collision avec la plaque européenne pour former les Pyrénées actuelles. Ces sous-sols sont principalement formés de grès, de schistes et par endroits de calcaires rubanés, ainsi que de dépôts glaciaires. Les parties plus soumises à de fortes pressions et chaleurs (dites métamorphiques) se sont alors transformées en granites et forment l’actuelle crête frontière des Pyrénées centrales (plus en amont de nos études).

Planche 1. Localisation des pointages réalisés du 17 au 19 juin 2025 ; L. Belhacène, CC-BY-NC-ND.

3. Liste des taxons vus

Les espèces rencontrées sont détaillées ci-après pour chaque jour et chaque arrêt. Les taxons retrouvés lors de ces journées et qui n’avaient pas encore été revus en France depuis leur description sont en gras. Les ronces récoltées et non déterminées sont notées Rubus « entre guillemets » avec le nom de travail qui leur a été attribué lors du séjour.

 

3.1. Mardi 17 juin

Arrêt 1 : parking dans le virage de la D 618a (Saint-Mamet, alt. 670 m) : Rubus pedatifolius Genev., Rubus saltuicola Sudre (« Castel01 »), Rubus timballagravei P.J. Müll. ex Boulay et Rubus ulmifolius Schott.

Arrêt 2 : bord de la D 618a entre les arrêts 1 et 3 (Saint-Mamet, alt. 690 m) : Rubus lasiothyrsus (Sudre) Sudre, Rubus martrinii Sudre, Rubus pedatifolius Genev., Rubus saltuicola Sudre (« Castel01 »), Rubus timballagravei P.J. Müll. ex Boulay et Rubus ulmifolius Schott.

Arrêt 3 : parking de la confluence Burbe/Pique (Saint-Mamet, alt. 700 m) : Rubus lixoniensis Sudre (« Castel03 »), Rubus pedatifolius Genev., Rubus timballagravei P.J. Müll. ex Boulay, Rubus ulmifolius Schott, Rubus « Castel04 ».

Arrêt 4 : chemin en contrebas de la D 618a en montant le vallon de Burbe (Saint-Mamet, alt. 700 à 740 m) : Rubus argutispinus Sudre (« Castel11 »), Rubus granitophilus (Sudre) B.D. Jacks. (« Castel05bis »), Rubus interruptus (Sudre) R. Keller (« Castel13 »), Rubus pedatifolius Genev., Rubus petricola Sudre (« Castel06 »), Rubus timballagravei P.J. Müll. ex Boulay, Rubus ulmifolius Schott et Rubus « Castel05 », Rubus « Castel07 », Rubus « Castel08 » et Rubus « Castel12 ».

Arrêt 5 : cascade Sidonie (Saint-Mamet, alt. 840 m) : Rubus cataractarum Sudre (« Sidonie02 »), Rubus longipetalus P.J. Müll. & Timb.-Lagr. ex D.P. Mercier, Rubus timballagravei P.J. Müll. ex Boulay et Rubus « Sidonie01 ».

Arrêt 6 : cascade du ruisseau de Consech (Montauban-de-Luchon, alt. 700 m) : Rubus inaequabilis (Sudre) K. Schum. & Fedde (« Casca01 »), Rubus timballagravei P.J. Müll. ex Boulay et Rubus ulmifolius Schott.

 

3.2. Mercredi 18 juin

Arrêt 1 : bois au-dessus des établissements thermaux (Bagnères-de-Luchon, alt. 630 à 850 m) : Rubus argutipilus (Sudre) K .Schum. & Fedde (« Luchon09 »), Rubus argutispinus Sudre (« Luchon14 »), Rubus chaumierensis L. Belhacène (nouveau nom à paraître ici) (« Luchon10 »), Rubus « Luchon11 », Rubus flaviflorens (Sudre) K. Schum. & Fedde (« Luchon03 »), Rubus hospitii L. Belhacène (« Luchon12 »), Rubus lasiothyrsus (Sudre) Sudre, Rubus section Coryllifoli, Rubus timballagravei P.J. Müll. ex Boulay, Rubus « Luchon01 », Rubus « Luchon02 », Rubus « Luchon04 », Rubus « Luchon05 », Rubus « Luchon07 » et Rubus « pyrenopedati ».

Arrêt 2 : bord du Lis au dernier hameau avant la centrale électrique (Cazeaux-de-Larboust, alt. 1 130 m) : Rubus elongatispinus Sudre et Rubus timballagravei P.J. Müll. ex Boulay.

Arrêt 3 : bordes du Lis (Cazeaux-de-Larboust, alt. 1 100 m.) : Rubus belhacenei A. Beek & D.P. Mercier.

Arrêt 4 : « L’Ourson », intersection avec la route de Superbagnères (Castillon-de-Larboust et Saint-Aventin, alt. 1 080 m) : Rubus patulipes D.P. Mercier & L. Belhacène (« belle rose »), Rubus timballagravei P.J. Müll. ex Boulay et Rubus vigoi R. Roselló, Peris & Stübing (« grosse blanche »).

Arrêt 5 : entrée de la route forestière de Ravi (Bagnères-de-Luchon, alt. 860 m) :Rubus longipetalus
P.J. Müll. & Timb.-Lagr. ex D.P. Mercier, Rubus timballagravei P.J. Müll. ex Boulay et Rubus « Ravi1 ».

 

3.3. Jeudi 19 juin

Arrêt 1 : chemin en face du cimetière (Saint-Paul-d’Oueil, alt. 1 110 à 1 160 m) : Rubus amplistipulus Sudre ex B.D. Jacks., Rubus longipetalus P.J. Müll. & Timb.-Lagr. ex D.P. Mercier, Rubus pedatifolius Genev. et Rubus timballagravei P.J. Müll. ex Boulay.

Arrêt 2 : bord de l’Oueil en aval du pont avant d’arriver au village (Saint-Paul-d’Oueil, alt. 1 050 m) : Rubus elongatispinus Sudre, Rubus martrinii Sudre et Rubus timballagravei P.J. Müll. ex Boulay.

Arrêt 3 : chemin du Lavoir (Saint-Paul-d’Oueil, alt. 1 100 m.) : Rubus elongatispinus Sudre, Rubus longipetalus P.J. Müll. & Timb.-Lagr. ex D.P. Mercier et Rubus timballagravei P.J. Müll. ex Boulay.

Arrêt 4 : du gîte de la Biche à la route de la vallée d’Oueil (Benque-Dessous-et-Dessus, alt. 950 m) : Rubus timballagravei P.J. Müll. ex Boulay, Rubus ulmifolius Schott. et Rubus valdeproximus Sudre ex K. Schum. (« R. consobrinus »).

Arrêt 5 : ruisseau du Portet, en face la stèle (Garin, alt. 1 150 m) : Rubus idaeus L., Rubus martrinii Sudre, Rubus section Corylifolii, Rubus timballagravei P.J. Müll. ex Boulay, Rubus ulmifolius Schott et Rubus « timbal la blanche ».

Arrêt 6 : Saint-Pierre (Garin, alt. 1 160 m) : Rubus amplistipulus Sudre ex B.D. Jacks., Rubus « duveteuse de Garin » et Rubus « timbal la blanche ».

Arrêt 7 : chemin au sud de village au bord de l’Oô (Oô, alt. 980 m.) : Rubus timballagravei P.J. Müll. ex Boulay.

 

4. Les découvertes et redécouvertes

Les vallées du Luchonnais, comme pratiquement l’ensemble des Pyrénées françaises, ne semblent pas avoir été « batologiquement » étudiées depuis les passages de Henri Sudre entre 1901 et 1903. Cet éminent batologue, malgré des passages brefs et souvent uniques dans diverses vallées des Pyrénées françaises, a récolté et nommé de nombreuses ronces. L’étude de son herbier a permis de constater que plus de 120 taxons ont été découverts, nommés et décrits dans cette partie pyrénéenne. Parmi ce lot important de ronces, certaines ne sont que des hybrides stériles, d’autres, apparemment les plus nombreuses et souvent des glanduleuses, ne semblent être que de simples buissons isolés (ou apparemment isolés), des biotypes. Le but de ces trois jours était de retrouver une partie d’entre elles et surtout de repérer si quelques-unes étaient répétitives et pouvaient prétendre à être considérées comme de bonnes espèces apomictiques.

Nous commencerons par lister les onze ronces que nous avons rencontrées dans ces secteurs et qui sont déjà connues des batologues français et des batologues de la SBOcc. Trois d’entre elles seront ici présentées plus en détail. Nous présenterons ensuite les quinze taxons retrouvés lors de cette session. Quatorze sont décrits par Sudre (l’un d’entre eux sera d’ailleurs renommé ici) et un taxon l’a été plus récemment par R. Roselló, Peris & Stübing (première confirmation en France). Une seizième ronce sera aussi décrite, car elle a été trouvée lors de la journée de préparation de cette session le 13 juin 2025 (Rubus glabinifrons). Elle n’a étonnamment pas été revue lors de la session quelques jours après…

 

Rubus amplistipulis Sudre ex B.D. Jacks. (Int. Cat. Sci. Lit., M, Bot. 1 (2) : 425, 1903)

C’est une ronce pyrénéenne qui a déjà été présentée in Carnets Bot. 230, 2024 (https://doi.org/10.34971/Q04B-YW71). Elle est commune dans la vallée d’Oueil et a aussi été trouvée dans les vallées du Larboust, de la Pique et d’Oô. Elle est connue à l’est de la chaîne jusque dans le Couserans.

 

Rubus belhacenei A. Beek & D.P. Mercier (Evaxiana 9 : 346, 2023)

Cette ronce, des Pyrénées et du Massif central, a été présentée sous le nom de Rubus pilifer (Sudre) Focke in Asch. & Graebn. nom. illeg., non R. piliferus Sagorski in Carnets Bot. 75, 2021 (https://doi.org/10.34971/x011-2z73). Nous ne l’avons trouvée que dans la vallée du Lis. Elle a aussi été vue en 2023 dans le vallon de Barrancoueau, dans le département voisin des Hautes-Pyrénées. Pour le reste, c’est plutôt une ronce de la Montagne Noire et du sud du Massif central.

 

Rubus elongatispinus Sudre (Bull. Ass. Pyr. Ech. Plantes 10 : 5, 1900)

C’est une ronce pyrénéenne qui a déjà été présentée in Carnets Bot. 230, 2024 (https://doi.org/10.34971/Q04B-YW71). Elle semble bien présente par-ci par-là dans tout le Luchonnais. Elle est connue à l’est jusqu’aux environs de Foix en Ariège.

 

Rubus idaeus L. (Sp. Pl. 1 : 492, 1753)

C’est le framboisier que plus personne ne présente tellement il est connu ! Il est présent sur quasiment l’ensemble de la chaîne des Pyrénées.

 

Rubus lasiothyrsus (Sudre) Sudre (Bull. Soc. Et. Sci. Angers 33 : 91, 1904)

C’est une ronce décrite de la vallée du Garbet, dans les Pyrénées ariégeoises, qui se rencontre dans une grande partie des Pyrénées (Ariège et Haute-Garonne confirmées, mais très probablement aussi dans les Hautes-Pyrénées), en piémont, mais aussi dans le sud du Massif central (Tarn, Aude et très probablement d’autres départements limitrophes). Elle est à classer dans la série des Rhamnifolii (ou Discolores suivant les interprétations).

Description (planche 2)

Elle possède un port arqué. Sa primocanne à une section de 6-11 mm de diamètre, à faces planes ou un peu excavées et à pruine absente. Elle est un peu glauque et très poilue : poils simples abondants. Elle ne possède pas de glandes stipitées, mais souvent des glandes sessiles. Ses aiguillons sont égaux : 5 à 11 par 5 cm, gros, inclinés à un peu courbés de maximum 10 mm de long pour 8 mm de large. Les feuilles des primocannes ont 5 folioles digitées ou à peine pédalées, bien acuminées et à poils juste présents sur le dessus et à tomentum gris ou blanc surmonté d’une pubescence molle à la face inférieure. Les stipules sont fines (L/l < 10) et non glanduleuses. La foliole terminale est plutôt obovale, entière ou échancrée, assez ferme à pétiole représentant environ 30-40% du limbe et à apex bien marqué. L’inflorescence est souvent interrompue, à feuilles à folioles nettement acuminées aussi. Les feuilles sont glabrescentes sur le dessus et grises ou blanches et mollement poilues en dessous. L’axe est fortement hérissé de poils simples et sans glandes stipitées. Les fleurs ont des sépales réfléchis, un peu acuminés, gris, hérissés de poils simples, sans glandes et sans acicules. Les pétales sont blancs, obovales et bien distants les uns des autres. Les filets des étamines sont blancs, nettement plus longs que les styles verdâtres ou jaunâtres. Les fruits possèdent plus de 40 carpelles généralement glabres. Ils sont noirs, glabres et sans pruine à maturité.

Planche 2. Rubus lasiothyrsus (Sudre) Sudre ; L. Belhacène, CC-BY-NC-ND.

Rubus longipetalus P.J. Müll. & Timb.-Lagr. ex D.P. Mercier (Canets bot. 139 : 1, 2023)

C’est une ronce décrite sous le nom de R. brachythyrsus par Sudre, de la vallée du Garbet, dans les Pyrénées ariégeoises. Elle se rencontre aussi dans une grande partie des Pyrénées centrales : Ariège et Haute-Garonne confirmées, mais très probablement aussi dans les Hautes-Pyrénées. Elle est à classer dans la série des Sylvatici (ou peut-être Rhamnifolii suivant les interprétations).

Description (planche 3)

Elle possède un port arqué. Sa primocanne a une section de 5-10 mm de diamètre, à faces planes ou un peu excavées et à pruine absente. Elle est souvent un peu poilue. Elle ne possède pas de glandes stipitées (ou alors très rares). Ses aiguillons sont égaux et nombreux : 8 à 16 par 5 cm, gros, droits à un peu courbés, de maximum 11 mm de long pour 8 mm de large. Les feuilles des primocannes ont 5 folioles souvent un peu pédalées à poils rares ou glabres sur le dessus et vertes, sans tomentum, mais à nombreux poils brillants à la face inférieure. Les stipules sont fines (L/l < 10) et non glanduleuses (ou rarement avec quelques glandes stipitées). La foliole terminale est plutôt ovale à obovale, un peu échancrée, assez ferme à pétiole représentant environ 40-50% du limbe et à apex marqué. L’inflorescence est assez courte. Les feuilles sont glabres sur le dessus et vertes et mollement poilues en dessous. L’axe est fortement pourvu de nombreux aiguillons longs et fins, inclinés ou peu courbés, et parfois avec quelques glandes stipitées. Les fleurs ont des sépales étalés, un peu acuminés, gris, hérissés de poils simples, sans glandes et sans acicules. Les pétales sont roses (plutôt pâles), ovales et bien distants les uns des autres. Les filets des étamines sont blancs ou rosés, nettement plus longs que les styles verdâtres. Les fruits possèdent plus de 40 carpelles généralement glabres. Ils sont noirs, glabres et sans pruine à maturité.

Planche 3. Rubus longipetalus P.J. Müll. & Timb.-Lagr. ex D.P. Mercier ; L. Belhacène, CC-BY-NC-ND.

Rubus martrinii Sudre (Bull. Soc. Bot. France 46 : 95, 1899)

Cette ronce présente dans une grande partie du sud de la France a été présentée dès la première session in Carnets Bot. 75, 2021 (https://doi.org/10.34971/x011-2z73). Elle se rencontre sporadiquement un peu partout dans le Luchonnais. Elle est aujourd’hui connue de nombreux départements de l’Occitanie : Hautes-Pyrénées, Haute-Garonne, Gers, Tarn-et-Garonne, Tarn, Ariège, Aude et Hérault.

 

Rubus pedatifolius Genev. (Mém. Soc. Acad. Maine Loire 8 : 93, 1860)

C’est une ronce connue d’une grande partie du territoire national qui a déjà été présentée in Carnets Bot. 230, 2024 (https://doi.org/10.34971/Q04B-YW71). Elle semble assez présente dans le Luchonnais. C’est une ronce plutôt à tendance atlantique qui a déjà été vue pour l’Occitanie, dans les départements des Hautes-Pyrénées, du Tarn-et-Garonne, du Tarn, de la Haute-Garonne, de l’Ariège et de l’Aude.

 

Rubus timballagravei P.J. Müll. ex Boulay (Ass. rubol. Diagn. : 31, 1892)

C’est une ronce pyrénéenne qui a déjà été présentée in Carnets Bot. 230, 2024 (https://doi.org/10.34971/Q04B-YW71). C’est la ronce non glanduleuse qui est omniprésente dans les vallées luchonnaises. Elle se rencontre partout depuis la basse vallée jusqu’à plus de 1 450 m d’altitude. Elle n’est connue actuellement que de la commune d’Arreau à l’est (Hautes-Pyrénées), jusqu’à celle de Portet-d’Aspet à l’ouest (Haute-Garonne).

 

Rubus ulmifolius Schott (Isis (Oken) 1818 : 821, 1818)

Cette ronce est certainement la ronce la plus présente dans tout le sud de la France et présente dans une grande partie du continent. Je m’aperçois qu’elle n’a jamais été présentée dans les divers comptes rendus des sorties batologiques de la SBOcc, je vais rapidement remédier à cela.

Elle est très présente dans de nombreux secteurs du Luchonnais, surtout dans les vallées. Elle est aussi très souvent hybridée et donc présente sous des formes un peu divergentes. C’est une des rares ronces sexuées de France : 2n = 14. De ce fait, elle est assez polymorphe (surtout en ce qui concerne la forme des folioles et la couleur des fleurs (du rosulé au rose très intense). Elle est à classer dans la série des Discolores.

Description (planche 4)

Elle possède un port arqué. Sa primocanne a une section de 6-11 mm de diamètre, à faces concaves et à pruine abondante. Elle est glauque sans poils simples mais à micro-poils étoilés abondants. Elle ne possède aucune glande. Ses aiguillons sont égaux : 5 à 10 par 5 cm, gros, droits à courbés de maximum 11 mm de long pour 9 mm de large. Les feuilles des primocannes ont 5 folioles digitées ou pédalées à poils absents sur le dessus et à tomentum ras et blanc à pubescence hors tomentum nulle à la face inférieure. Les stipules sont fines (L/l < 10) et non glanduleuses. La foliole terminale est plutôt de forme obovale, pas très large, entière ou échancrée, assez ferme à pétiole représentant environ 30-50% du limbe. L’inflorescence est pyramidale ou cylindrique à nombreuses fleurs (30-100). Les feuilles sont glabres sur le dessus et à tomentum ras et blanc en dessous. L’axe possède des poils étoilés abondants et des poils simples absents, tout comme les glandes (stipitées ou non). Les fleurs ont des sépales réfléchis, courtement acuminés, gris, sans poils simples, sans glandes et sans acicules. Les pétales sont généralement rose intense à rose très pâle, obovales à suborbiculaires. Les filets des étamines sont rose intense à très pâle ou blancs, nettement plus longs que les styles roses. Les fruits possèdent plus de 40 carpelles poilus dans leur jeunesse. Ils sont noirs, glabres et sans pruine à maturité.

Planche 4. Rubus ulmifolius Schott ; L. Belhacène, CC-BY-NC-ND.

Rubus valdeproximus Sudre ex K. Schum. (Just’s Bot. Jahresb. 29 (1) : 557, 1903)

C’est une ronce de la partie centrale des Pyrénées qui a déjà été présentée in Carnets Bot. 230, 2024 (https://doi.org/10.34971/Q04B-YW71). Elle était notée par Sudre sur la commune de Benque-Dessus-et-Dessous. C’est aussi sur cette commune que nous l’avons revue cette année. Pour le reste, elle ne semble connue que de la vallée d’Aure dans les Hautes-Pyrénées, où elle est bien présente.

En se basant sur les écrits de Sudre, et par ordre alphabétique de ses épithètes, nous présentons maintenant la liste commentée des ronces qu’il a décrites lors de ses visites dans le Luchonnais entre 1901 et 1903 et qui ont été retrouvées cette année. Nous y ajoutons une dernière ronce déterminée lors de cette session, qui n’a pas été décrite par Sudre mais par R. Roselló, Peris & Stübing. Il s’agit d’une ronce décrite d’Espagne et bien connue de l’autre côté des Pyrénées. Des stations du versant espagnol ont déjà été citées par nos amis ibériques.

 

Rubus argutipilus (Sudre) K. Schum. & Fedde (Just’s Bot. Jahresber. 31, 1 : 875, 1904)

Cette ronce a été retrouvée dans les environs de la localité type (route de Superbagnères). Elle ne correspond pas trop mal à la description de Sudre mais surtout à la planche de son herbier type (car les autres planches des plantes des Hautes-Pyrénées décrites aussi sous ce nom sont en fait d’autres ronces à redécrire). C’est une plante de la série des Pallidi.

Description (planche 5)

La primocanne est peu arquée ou couchée, à section de 4 à 7 mm, ± arrondie ou à faces convexes, vert clair, sans pruine. Elle est glabrescente à poilue avec de 10 à 100 poils fasciculés/cm. Les glandes stipitées sont nombreuses (de 100 à 200 pour 1 cm de primocanne) et de 0,2 à 1,2 mm de long. Les aiguillons sont à peu près égaux. Il y en a de 5 à 9 par 5 cm de primocanne. Ils sont inclinés, fins, de 5 mm max de haut pour 3 mm de large et verts. Les feuilles des primocannes possèdent 5(3) folioles digitées ou pédalées sur 1-3 mm. Leurs faces supérieures sont un peu poilues (poils simples : 15-25/cm²) et leurs faces inférieures vertes à seulement quelques poils simples appliqués. Les stipules sont fines (L/l > 10), glanduleuses (de 10-12 mm/0,7-1 mm max. Le pétiole, à sillon très partiel, a 50-100 poils simples (au centre) par cm et 35-70 glandes stipitées par cm), et 10 à 16 aiguillons inclinés ou à peine courbés. La foliole terminale est largement obovale, à apex de 22 mm max, à base à peine échancrée ou entière, sans typicité de texture. Ses dents sont fines et assez régulières. Le rapport L pétiolule/L limbe est entre 25% et 30%. L’inflorescence est assez large, à 20-40 fleurs sur des rameaux ascendants ou étalés qui possèdent chacun 3 ou 5 fleurs au sommet. Elle est feuillée jusqu’aux premières fleurs par des feuilles à 3 folioles et son sommet terminal est souvent nu (assez court), avec parfois des feuilles simples montant assez haut. Les feuilles sont vertes au-dessous. L’axe de la floricanne possède des glandes stipitées nombreuses (plus de 100/cm) de 0,2 à 2 mm, des poils simples présents, et des aiguillons fins (par 4-5/5 cm), inclinés, de 3-5 mm de haut. Les pédicelles possèdent de nombreuses glandes et des aiguillons droits et fins (de 5 à 15). Les fleurs ont des sépales longtemps étalés puis dressés sur le fruit, assez longuement acuminés, gris (avec tomentum) et hirsutes, avec de nombreuses glandes stipitées et rarement quelques petits acicules. Les pétales blancs, assez fins, de 14 mm de long par 7 mm max, sont distants, poilus aux marges et parfois échancrés. Les filets des étamines sont blancs et plus longs (parfois pas beaucoup) que les styles généralement verts (donnés parfois un peu rosâtres à la base). Les anthères sont glabres. Le fruit, noir et non pruineux, possède plus de 40 carpelles glabrescents ou poilus dans leur jeunesse. Le réceptacle est poilu.

Planche 5. Rubus argutipilus (Sudre) K. Schum. & Fedde ; L. Belhacène, CC-BY-NC-ND.

Rubus argutispinus Sudre (Bull. Ass. Franç. Bot. 5 (56-57) : 208, 1902)

Cette ronce a été retrouvée sur sa localité type (vallon de Burbe), puis le lendemain à Luchon au-dessus des thermes, dans les boisements. La plante correspond parfaitement à la description de Sudre ainsi qu’à la planche type de son herbier (seule récolte alors connue de ce taxon). C’est une plante de la série des Glandulosi.

Description (planche 6)

La primocanne est couchée, à section obtusangulée de 4 à 7 mm, verte un peu glauque ou à peine rougeâtre au soleil et sans pruine. Elle n’est pas ou très peu poilue (0 à 2 poils simples/cm). Les glandes stipitées sont présentes (25 à 45 pour 1 cm de primocanne), et les sessiles absentes. Les aiguillons inégaux, 2 à 7 par 5 cm de primocanne, sont droits ou un peu inclinés. Ils mesurent 5 mm max de haut pour 2 mm de large, et sont jaunâtres. Les feuilles des primocannes possèdent 3 folioles à face supérieure poilue (poils simples : 20-50/cm²) et à face inférieure verte et à pubescence faible et un peu présente au toucher. Les stipules, fines (L/l > 10) et glanduleuses, mesurent de 9 à 12 mm de long par 0,3-0,6 mm de large. Le pétiole à sillon très partiel, est orné de 0 à 20 poils simples (au centre) par cm et de glandes stipitées (moins de 40 par cm), ainsi que de 7 à 15 aiguillons courts, fins et inégaux, droits ou à peine inclinés. La foliole terminale est un peu obovale, à apex de 18 mm max, avec une base échancrée. Ses dents sont fines et assez régulières. Le pétiolule représente entre 30% et 40% du limbe. L’inflorescence est en épi très large et divariqué, à 20-60 fleurs sur des rameaux étalés et très ramifiés à 3 ou 5 fleurs au sommet. Elle est feuillée jusqu’aux premières fleurs par des feuilles à 3 folioles et terminée par un épi terminal nu long et large. Elle est assez abondamment stipitée. Les feuilles sont vertes en dessous. L’axe possède des glandes stipitées (60 à 100 par cm), des poils courts ± mêlés à quelques poils étoilés et des aiguillons par 2 à 5 par 5 cm, inclinés, de 2 à 5 mm de haut et très fins. Les pédicelles sont ornés de nombreuses glandes et de nombreux aiguillons fins et droits. Les fleurs possèdent des sépales assez longtemps étalés puis relevés sur les fruits, longuement acuminés, un peu verdâtres avec peu de tomentum, densément glanduleux, mais généralement sans acicules. Les pétales sont blancs, ovales, distants, de 9 mm par 4,5 mm max. et paraissent glabres aux marges. Le filet des étamines est blanc, plus long (parfois pas beaucoup) que les styles verts. Les anthères sont glabres. Le fruit, noir et non pruineux, possède plus de 40 carpelles glabres ou très poilus dans leur jeunesse, mais souvent mal formés à maturité. Le réceptacle est poilu.

Planche 6. Rubus argutispinus Sudre ; L. Belhacène, CC-BY-NC-ND.

Rubus cataractarum Sudre (Excurs. batol. 4 : 213, 1903)

Cette ronce n’a pas été retrouvée sur sa localité type (cascade de Montauban-de-Luchon), mais a été déterminée au bord d’une autre cascade, celle de Sidonie dans le vallon de Burbe (elle semble donc bien porter son nom). La plante, quoique présentant parfois un léger tomentum grisâtre sous les feuilles (plein soleil ?) correspond parfaitement à la description de Sudre ainsi qu’à la planche type de son herbier (seule récolte alors connue de ce taxon). C’est une plante de la série des Hystrix.

Description (planche 7)

La primocanne est arquée-couchée, à section de 7 à 12 mm, à faces planes, vertes ou rougeâtres au soleil, et sans pruine. Elle est glabre, rarement très peu poilue : 0 à 2 poils fasciculés par cm. Les glandes stipitées sont très nombreuses : 150 à 200 pour 1 cm de primocanne, et assez irrégulières. Les aiguillons sont très égaux : 10 à 20 grands et d’autres plus petits par 5 cm de primocanne. Ils sont inclinés à un peu courbés, de 7 mm max de haut pour 4 mm de large, verts ou un peu rougeâtres. Les feuilles des primocannes possèdent 5 folioles digitées ou légèrement pédalées sur 1-2 mm. Les folioles ont la face supérieure glabre et la face inférieure verte ou à tomentum gris et à pubescence hors tomentum un peu présente au toucher. Les stipules sont fines (L/l > 10), glanduleuses et poilues, de 10 à 18 mm par 1 à 1,8 mm. Le pétiole à sillon très partiel est orné de 20 à 100 poils simples (au centre) et de 30 à 50 glandes stipitées par cm. Il arbore aussi de 11 à 25 aiguillons inclinés et un peu courbés. La foliole terminale est largement obovale, à apex de 10 mm max, et entière à la base. Ses dents sont petites, fines et assez régulières. Le pétiolule représente entre 30% et 45% du limbe. L’inflorescence est remarquable par la présence de nombreuses feuilles (unifoliolées) jusqu’au sommet. Elle est donc composée de petits bouquets interrompus. Les rameaux sont plutôt dressés et courts, à 2 ou 3 fleurs. Les feuilles, à tomentum gris, ou vertes en dessous, sont assez douces au toucher. L’axe possède de 80 à 150 glandes stipitées par cm. Il est peu poilu, et a des aiguillons par 5 à 9 pour 5 cm, courbés, de 2 à 4 mm de haut. Les pédicelles sont très glanduleux et à aiguillons par 3 à 10, droits et petits. La fleur a des sépales étalés, nettement acuminés, verdâtres (avec un très léger tomentum, ou sans), non hirsutes, et à très nombreuses glandes stipitées et acicules assez courts et assez homogènes. Les pétales sont roses, larges (13 mm par 10 mm max), poilus sur les faces mais pas aux marges. Les filets des étamines sont blancs, plus longs que les styles généralement verts ou parfois un peu rosâtres à la base. Les anthères sont glabres. Les fruits sont noirs et non pruineux, à plus de 40 carpelles qui sont plutôt glabres dans leur jeunesse, mais parfois mal formés à maturité. Le réceptacle est poilu.

Planche 7. Rubus cataractarum Sudre ; L. Belhacène, CC-BY-NC-ND.

Rubus curtiglandulosus (Sudre) K. Schum. & Fedde taxon umbrosus Sudre ex K. Schum. & Fedde (Just’s Bot. Jahresber. 31, 1 : 875, 1904)

Cette ronce a été retrouvée sur une de ses localités types (derrière les thermes), sa description originale est très succincte, et c’est surtout par comparaison des planches d’herbier que le rapprochement a été fait. Nous allons commencer par renommer cette ronce pour lui donner un statut d’espèce comme toutes les autres, cette variété (lors de la première publication) ayant été oubliée dans les précédents travaux de remise en ordre des noms des Rubus d’Occitanie. Notons que ce taxon est en cours de typification par Mercier, Descombes et al. (à paraître).

Rubus chaumierensis L. Belhacène, stat. et nom. nov. pro Rubus curtiglandulosus (Sudre) K. Schum. & Fedde taxon umbrosus Sudre ex K. Schum. & Fedde (Just’s Bot. Jahresber. 31, 1 : 875, 1904).

(chaumierensis = de « la Chaumière », nom du boisement qui se trouve derrière les thermes de Bagnères-de-Luchon). C’est une plante de la série des Glandulosi.

Description (planche 8)

La primocanne est couchée, à section de 3 à 5 mm, arrondie, ± rougeâtre et sans pruine. Elle est peu poilue : de 20 à 50 poils fasciculés par cm, et sans poils étoilés. Les glandes stipitées sont bien présentes : de 20 à 40 pour 1 cm de primocanne, et les sessiles absentes. Les aiguillons très fins et un peu allongés et inégaux en taille sont au nombre de 1 à 5 par 5 cm de tige. Ils sont droits ou inclinés, de 5 mm max de haut pour 1,5 mm de large, rougeâtres à la base. Les feuilles des primocannes sont à 3 folioles à face supérieure poilue (poils simples : 20 à 30 par cm²) et à face inférieure verte sans tomentum et à pubescence faible et peu présente au toucher. Les stipules, fines (L/l > 10) et glanduleuses, mesurent de 9 à 11 mm par 0,4 à 0,6 mm. Le pétiole à sillon très partiel, est orné de 50 à 100 poils simples et de 30 à 50 glandes stipitées (au centre) par cm, et aussi par 5 à 10 aiguillons inclinés et fins. La foliole terminale est ovale, à apex de 15 mm max, à base à peine échancrée, et sans typicité de texture. Ses dents sont moyennes et peu irrégulières. La longueur du pétiolule représente entre 17% et 25% de celle du limbe. L’inflorescence est en épi court et souvent nu, à 8-30 fleurs sur des rameaux plutôt ascendants. Les feuilles sont vertes en dessous, à poils un peu brillants et non perceptibles au toucher. L’axe a des glandes stipitées nombreuses et inégales (90 à 150/cm), et des poils simples (plus de 100/cm), ainsi que des aiguillons par 4 à 5 pour 5 cm, inclinés, de 2 à 3 mm de haut et très fins. Les pédicelles possèdent des glandes plutôt courtes bien présentes et des aiguillons par 0 à 2, inclinés ou droits et petits. Les fleurs ont des sépales étalés à un peu dressés, nettement acuminés, gris (avec tomentum), hirsutes, et à nombreuses glandes stipitées courtes, mais pas ou très peu aciculés. Les pétales sont rosés ou rosulés, un peu distants et poilus aux marges. Les filets des étamines sont blancs, plus longs que les styles verdâtres et parfois à peine rosés à la base. Les anthères sont glabres. Les fruits sont noirs et non pruineux, à plus de 40 carpelles qui sont poilus dans leur jeunesse, mais parfois mal formés à maturité. Le réceptacle est poilu.

Planche 8. Rubus chaumierensis L. Belhacène ; L. Belhacène, CC-BY-NC-ND.

Rubus flaviflorens (Sudre) K. Schum. & Fedde (Just’s Bot. Jahresber. 31, 1 : 875, 1904)

Cette ronce a été retrouvée derrière les thermes de Luchon, c’est-à-dire assez loin de sa localité type qui se trouve dans le département voisin (Hautes-Pyrénées), sur la commune de Fréchet-Aure, dans le bois de Hèche. La comparaison avec sa diagnose et surtout la part (le lectotype) de cette ronce nous amènent bien à inclure cette découverte sous ce taxon. C’est une ronce de la série des Glandulosi.

Description (planche 9)

La primocanne est couchée, à section arrondie de 2 à 5 mm, verte et sans pruine. Elle est très poilue avec 120 à 250 poils fasciculés par cm mais sans poils étoilés. Les glandes stipitées sont bien présentes (35 à 60 pour 1 cm de primocanne), et les sessiles absentes. Les aiguillons sont très fins et à peine inégaux en taille, 2 à 5 pour 5 cm de primocanne, ils sont droits ou inclinés, de 4 mm max de haut pour 1,5 mm de large, et verts. Les feuilles des primocannes possèdent 3 folioles à face supérieure poilue (poils simples de 35 à 60 par cm²) et à face inférieure verte sans tomentum et à pubescence brillante bien présente au toucher. Les stipules sont fines (L/l > 10) et un peu glanduleuses, de 9-11 mm par 0,4-0,6 mm. Le pétiole, à sillon très partiel, est orné de 80 à 150 poils simples et de 40 à 70 glandes stipitées (au centre) par cm, ainsi que de 6 à 10 aiguillons inclinés ou un peu courbés, très petits et fins. La foliole terminale est oblongue (ovale ou elliptique, à un peu obovale), à apex peu distinct de 12 mm max, et à base à peine échancrée ou entière, sans typicité de texture. Ses dents sont moyennes, un peu irrégulières et répétitives. Le pétiolule fait entre 12% et 30% du limbe. L’inflorescence est en tête courte, à 8-30 fleurs, sur des rameaux plutôt ascendants. Les feuilles de la floricanne sont vertes en dessous, à poils un peu brillants et un peu perceptibles au toucher. L’axe possède des glandes stipitées assez nombreuses et inégales (30 à 60 par cm), et des poils simples (plus de 100 par cm), ainsi que des aiguillons par 4 à 5 par 5 cm, inclinés, de 1,5-2,5 mm de haut et très fins. Les pédicelles portent des glandes plutôt courtes bien présentes et à aiguillons par 0 à 2, inclinés ou droits et très petits. La fleur possède des sépales un peu dressés, nettement acuminés, gris ou verdâtres (avec un léger tomentum), à peine hirsutes, et à nombreuses glandes stipitées courtes, mais pas ou très peu aciculés. Les pétales blancs ou rosulés sont distants et poilus aux marges. Les filets des étamines blancs sont bien plus longs que les styles verdâtres. Les anthères sont glabres. Le fruit, noir et non pruineux, possède plus de 40 carpelles glabres (ou presque) dans leur jeunesse. Le réceptacle est poilu.

Planche 9. Rubus flaviflorens (Sudre) K. Schum. & Fedde ; L. Belhacène, CC-BY-NC-ND.

Rubus galbinifrons (Sudre) K. Schum. & Fedde (Just’s Bot. Jahresber. 31, 1 : 875, 1904)

Cette ronce a été retrouvée sur la commune de Saint-Mamet, pas très loin de sa localité type (Bagnères-de-Luchon, forêt de Superbagnères) pendant la journée de préparation de la session batologique, le 13 juin 2025. C’est une ronce de la série des Glandulosi.

Description (planche 10)

La primocanne est couchée, à section arrondie ou obtusangulée de 3 à 5 mm, verte un peu glauque et sans pruine. Elle est très poilue (200 à 400 poils simples par cm). Les glandes stipitées sont nombreuses et majoritairement assez courtes (150 à 300 pour 1 cm de primocanne), et les sessiles apparemment absentes. Les aiguillons sont un peu inégaux et par 5 à 15 pour 5 cm. Ils sont un peu inclinés, mesurent de 4,5 mm max de haut pour 1 mm de large et sont jaunâtres. Les feuilles des primocannes possèdent 3 à 5 folioles à face supérieure poilue (poils simples par 15 à 50 par cm²) et à face inférieure verte, et à pubescence faible et un peu présente au toucher. Les stipules sont fines (L/l > 10) et glanduleuses, de 9 à 12 mm par 0,3-0,6 mm. Le pétiole, à sillon très partiel, possède de 150 à 300 poils simples et de 50 à 150 glandes stipitées par cm (au centre), ainsi que 5 à 18 aiguillons, très fins et inclinés. La foliole terminale est largement ovale à largement un peu obovale, à apex de 20 mm max, à base échancrée, et sans typicité de texture. Ses dents sont moyennes avec quelques-unes rarement un peu plus grosses. Le pétiolule représente entre 25% et 35% du limbe. L’inflorescence en épi très large (ou pyramide courte) porte les fleurs sur des rameaux étalés et très ramifiés à 2 à 5 fleurs au sommet. Elle est feuillée jusqu’aux premiers 1 ou 2 bouquets de fleurs, par des feuilles à 3 ou 1 folioles. Les feuilles sont vertes en dessous. L’axe est orné de glandes stipitées (100 à 180 par cm), de poils simples hirsutes dépassant des poils étoilés et d’aiguillons (0 à 6 pour 5 cm), inclinés, de 3 à 4 mm de haut et très fins. Le pédicelle possède de nombreuses glandes et de 1 à 5 aiguillons fins et droits. Les fleurs ont des sépales assez relevés sur les fruits, acuminés, à tomentum gris, nettement glanduleux, et à acicules bien présents. Les pétales sont blancs, étroits, distants, de 9 mm par 4,5 mm max., et poilus aux marges. Les filets des étamines sont blancs, plus courts que les styles verts (parfois un peu rosâtres à la base). Les anthères sont glabres. Les fruits sont noirs et non pruineux, à plus de 40 carpelles glabres ou très poilus dans leur jeunesse. Le réceptacle est poilu.

Planche 10. Rubus galbanifrons (Sudre) K. Schum. & Fedde ; L. Belhacène, CC-BY-NC-ND.

Rubus granitophilus (Sudre) B.D. Jacks. (Int. Cat. Sci. Lit., M, Bot. 3 : 595 1905)

Cette ronce a été retrouvée sur sa localité type (val de Burbe). Sa description originale et les planches d’herbier types de Sudre nous confirment le rapprochement qui est fait avec ce taxon. C’est une ronce de la série des Vestiti.

Description (planche 11)

La primocanne est ascendante et arquée, à section de 6 à 10 mm, à faces planes ou légèrement convexes. Elle est verte, très poilue (50 à 150 poils fasciculés par cm) et avec un duvet de poils étoilés, un peu glaucescente et sans pruine. Les glandes stipitées sont présentes mais assez peu nombreuses (15 à 30 pour 1 cm de primocanne), les sessiles apparemment absentes. Les aiguillons sont ± inégaux suivant la partie regardée. Les gros sont au nombre de 10 à 14 pour 5 cm de primocanne. Ils sont un peu inclinés, de 6 mm max de haut pour 4 mm de large, vert jaunâtre. Les plus petits sont en nombre variable (1 à 10 pour 5 cm). Les feuilles des primocannes ont 5(3) folioles digitées ou légèrement pédalées sur 1 à 2 mm. Les folioles ont une face supérieure peu poilue (poils simples : 10 à 15 par cm²) et une face inférieure à tomentum blanc un peu épais et à pubescence hors tomentum faible. Les stipules sont fines (L/l > 10), un peu glanduleuses, de 9 à 12 mm par 0,8 à 1,2 mm. Le pétiole, à sillon très partiel, possède plus de 150 poils simples et de 1 à 5 glandes stipitées par cm (au centre). Il est aussi orné de 12 à 28 aiguillons très courbés (falqués). La foliole terminale est ovale, à apex de 10 mm max., à base un peu échancrée. Elle est assez ferme de texture. Ses dents sont moyennes et assez régulières. Le pétiolule représente entre 35% et 50% du limbe. L’inflorescence est souvent en épi large au sommet, avec quelques petits bouquets aux aisselles des feuilles en dessous. Les rameaux sont plutôt dressés vers la base et un peu plus étalés au sommet, à 2 à 5 fleurs. Les feuilles possèdent un tomentum blanc, assez doux au toucher au-dessous. L’axe, à glandes stipitées cachées dans les poils (10 à 30 par cm), présente aussi des poils simples hirsutes, mêlés aux poils étoilés et des aiguillons par 6 à 11 pour 5 cm, inclinés, de 4 à 6 mm de haut. Les pédicelles portent de 10 à 25 glandes et de nombreux aiguillons droits et petits. La fleur présente des sépales réfléchis, courtement acuminés, gris (avec tomentum) et hirsutes, avec peu de glandes stipitées et un peu plus d’acicules. Les pétales sont rosés, largement ovales, de 13 mm par 10 mm max., légèrement distants, poilus aux marges. Les filets des étamines sont blancs, un peu plus longs que les styles verts. Les anthères sont glabres. Le fruit est noir et non pruineux, avec plus de 40 carpelles poilus dans leur jeunesse. Le réceptacle est poilu.

Planche 11. Rubus granitophilus (Sudre) B.D. Jacks. ; L. Belhacène, CC-BY-NC-ND.

Rubus hospitii L. Belhacène (Carnets bot. 139 : 11, 2023)

Cette ronce a été retrouvée non loin de ses localités types (Luchon : route d’Espagne, vallée de l’Hospice et chemin de la cascade des Demoiselles), dans les boisements au-dessus des thermes de Bagnères-de-Luchon. Elle a été décrite par Sudre sous Rubus furvus Sudre var. latifolius Sudre, nom. prov. (Bull. Acad. Int. Géogr. Bot. 12 (159) : 70, 1903) ≡ Rubus furvus Sudre f. latifolius Sudre ex K. Schum. & Fedde (Just’s Bot. Jahresber. 31, 1 : 874, 1904, basionyme). C’est une ronce de la série des Pallidi.

Description (planche 12)

La primocanne est arquée-couchée, à section obtusangulée de 4 à 7 mm, verte ou rougeâtre et sans pruine. Elle est un peu poilue : 20 à 60 poils fasciculés par cm et possède aussi des glandes stipitées assez nombreuses et irrégulières (70 à 150 pour 1 cm de primocanne). Les aiguillons sont inégaux, 6 à 20 par 5 cm de primocanne, un peu inclinés à légèrement courbés, de 5 mm max de haut pour 3 mm de large, généralement vert jaunâtre. Les feuilles des primocannes ont 3 ou 5 folioles digitées ou pédalées sur 1-6 mm. Les folioles sont vert foncé, à face supérieure poilue (poils simples de 30 à 80 par cm²) et à face inférieure verte, à quelques poils simples, non perceptibles au toucher. Les stipules sont fines (L/l > 10), glanduleuses et poilues, de 10 à 14 mm par 0,8 à 1,2 mm. Le pétiole, à sillon très partiel, est orné de 50 à 150 poils simples et de 30 à 70 glandes stipitées par cm (au centre). Il présente aussi de 6 à 15 aiguillons inclinés, petits et fins. La foliole terminale est largement ovale à suborbiculaire, à apex de 17 mm max. Elle est échancrée à la base. Ses dents sont moyennes et un peu irrégulières. La longueur du pétiolule représente entre 20% et 45% de la longueur du limbe. L’inflorescence est en épi assez court et condensé, plutôt pauciflore, à rameaux ascendants. Les feuilles vertes à 3 folioles sont présentes jusqu’à la base de l’inflorescence. Elles sont vertes et sans tomentum en dessous. L’axe est orné de 80 à 130 glandes stipitées par cm et de quelques poils peu hirsutes. Il possède 1 à 6 aiguillons par 5 cm, inclinés ou légèrement courbés et fins, de 1,5 à 3 mm de haut. Les pédicelles sont glanduleux, avec des aiguillons par 0 à 5, droits et petits. Les fleurs possèdent des sépales d’abord souvent un peu réfléchis, puis étalés, acuminés, grisâtres (avec un tomentum assez léger) et courtement hirsutes, à nombreuses glandes stipitées courtes et homogènes et à acicules courts moins nombreux. Les pétales sont roses et ovales. Les filets des étamines sont roses, ± foncés, et plus longs que les styles roses (souvent foncés). Les anthères sont glabres. Les fruits sont noirs et non pruineux, à plus de 40 carpelles glabres dans leur jeunesse. Le réceptacle est un peu poilu.

Planche 12. Rubus hospitii L. Belhacène ; L. Belhacène, CC-BY-NC-ND.

Rubus inaequabilis (Sudre) K. Schum. & Fedde (Just’s Bot. Jahresber. 31, 1 : 875, 1904)

Cette ronce a été trouvée à quelques kilomètres de sa localité type (val de Burbe). Sa description originale et les planches d’herbier types de Sudre nous confirment le rapprochement qui est fait avec ce taxon. C’est une ronce de la série des Pallidi.

Description (planche 13)

La primocanne est arquée-couchée, à section de 3 à 6 mm, obtusangulée, verte à rougeâtre au soleil, et sans pruine. Elle est bien poilue (90 à 200 poils fasciculés par cm). Les glandes stipitées sont assez nombreuses (70 à 150 pour 1 cm de primocanne), irrégulières mais plutôt courtes. Les aiguillons assez inégaux et nombreux (15 à 25 par 5 cm de primocanne), sont inclinés à très légèrement courbés, de 6 mm max. de haut pour 4 mm de large. Ils sont rougeâtres à pointe jaune. Les feuilles des primocannes sont à (3-4) 5 folioles généralement pédalées sur 1-5 mm. Les folioles ont une face supérieure poilue (poils simples de 20 à 40 par cm²) et une face inférieure verte, à nombreux poils donnant un aspect doux au toucher. Les stipules fines (L/l > 10) sont glanduleuses et poilues, de 8 à 10 mm par 0,5 à 0,9 mm. Le pétiole, à sillon très partiel, possède de 80 à 200 poils simples et de 20 à 40 glandes stipitées par cm (au centre), ainsi que 20 à 35 aiguillons inclinés à courbés. La foliole terminale est ovale, à apex de 14 mm max. Elle est échancrée à la base. Ses dents sont assez fortes et aiguës. La longueur du pétiolule fait entre 30% et 45% de celle du limbe. L’inflorescence, en petit épi assez étroit terminal, possède des rameaux un peu dressés. Les feuilles de la floricanne ont un dessous vert, sans tomentum mais à nombreux poils brillants, assez doux au toucher. L’axe, à 70 à 130 glandes stipitées assez courtes par cm, est peu hirsute mais bien poilu, et possède 15 à 25 aiguillons pour 5 cm, inclinés, de 2 à 5 mm de haut. Les pédicelles sont un peu glanduleux et à nombreux aiguillons (5 à 20), droits et petits. La fleur a des sépales d’abord étalés-réfléchis, puis dressés sur le fruit à maturité, bien acuminés, grisâtres (avec un tomentum), courtement hirsutes, à glandes stipitées rares mais les sessiles nombreuses, et à acicules courts peu nombreux. Les pétales sont blancs, ovales à obovales, de 9 mm par 5 mm max., et poilus aux marges. Les filets des étamines sont blancs, plus courts que les styles verts. Les anthères sont glabres. Le fruit, noir et non pruineux, a plus de 40 carpelles apparemment glabres dans leur jeunesse. Le réceptacle n’est pas ou peu poilu.

Planche 13. Rubus inaequabilis (Sudre) K. Schum. & Fedde ; L. Belhacène, CC-BY-NC-ND.

Rubus interruptus (Sudre) R. Keller (Mitt. Naturwiss. Ges. Winterhur. 10 : 11, 1914)

Cette ronce a été trouvée assez loin de sa localité type (Hautes-Pyrénées à Cauterets). Elle semble cependant bien présente dans une grande partie des Pyrénées centrales. Cette ronce est d’ailleurs très certainement un « groupe de ronces » un peu comme R. hirtus, avec beaucoup de biotypes très proches et pouvant varier sensiblement, mais qui partagent l’ensemble des critères cités ci-dessous. Sa description originale et les planches d’herbier types de Sudre nous confirment le rapprochement qui est fait avec ce taxon. C’est une ronce de la série des Glandulosi.

Description (planche 14)

La primocanne est couchée, à section de 4 à 8 mm, obtusangulée ou à faces planes, verte ou rougeâtre au soleil, et sans pruine. Elle a une pilosité assez variable : de très peu à nettement poilue (10 à 150 poils fasciculés par cm). Les glandes stipitées sont nombreuses (90 à 200 pour 1 cm de primocanne) et assez irrégulières. Les aiguillons sont inégaux, 12 à 25 par 5 cm de primocanne, inclinés (parfois un peu droits), de 6 mm max de haut pour 3 mm de large, verdâtres ou rouges à moitié supérieure jaunâtre. Les feuilles des primocannes possèdent de 3 à 5 folioles digitées ou légèrement pédalées sur 1 à 3 mm. Les folioles sont d’un vert plutôt foncé, à face supérieure poilue (poils simples de 20 à 70 par cm²) et à face inférieure verte à poils simples un peu perceptibles au toucher. Les stipules sont fines (L/l > 10), glanduleuses et poilues, de 9 à 14 mm par 0,6 à 1 mm. Le pétiole, à sillon très partiel, est orné de 30 à 100 poils simples et de 20 à 60 glandes stipitées par cm (au centre), ainsi que de 5 à 12 aiguillons inclinés, un peu courbés et fins. La foliole terminale est obovale à « losangique », à apex de 15 mm max., et échancrée à la base. Ses dents sont plutôt fines. Le pétiolule représente entre 25% et 45% du limbe. L’inflorescence est souvent composée de nombreux petits bouquets aux aisselles des feuilles et terminée en épi cylindrique ± large, à rameaux étalés. Les feuilles sont vertes, à 3 folioles jusqu’à la base de l’épi terminal ou presque, puis à 1 foliole ou non, sans tomentum en dessous. L’axe possède de 50 à 130 glandes stipitées par cm. Il est peu hirsute et à poils courts. Il présente de 1 à 8 aiguillons par 5 cm, inclinés ou très légèrement courbés, de 1,5 à 3 mm de haut. Les pédicelles sont nettement glanduleux et à aiguillons par 2 à 10, droits et plus longs que les glandes. Les fleurs ont des sépales d’abord étalés, puis dressés et enveloppant les fruits, longuement et finement acuminés, verdâtres ou grisâtres (avec un tomentum assez léger) et courtement hirsutes, à très nombreuses glandes stipitées courtes et homogènes et à parfois quelques rares acicules aussi courts. Les pétales sont rosulés (parfois blancs), largement ovales à suborbiculaires, plutôt petits (6 à 7 mm par 4 à 6 mm). Les filets des étamines sont blancs, plus courts (parfois égaux) que les styles roses. Les anthères sont glabres. Les fruits sont noirs et non pruineux, à plus de 40 carpelles peu poilus dans leur jeunesse. Le réceptacle est un peu poilu.

Planche 14. Rubus interruptus (Sudre) R. Keller ; L. Belhacène, CC-BY-NC-ND.

Rubus lixoniensis Sudre (Bull. Ass. Franç. Bot. 5 (50-51) : 34, 1902)

Cette ronce a été trouvée non loin de sa localité type (route d’Espagne après Castelviel), sur la commune de Saint-Mamet, non loin de Castelviel. C’est une ronce de la série des Apiculati ou des Discolores (glandes stipitées ± présentes).

Description (planche 15)

La primocanne est arquée à section de 5 à 10 mm, à faces planes ou très légèrement concaves, verte ou rougeâtre au soleil, avec une petite pruine. Elle est peu ou pas poilue (10 à 100 poils fasciculés par cm). Les glandes stipitées sont absentes ou seulement par 1 à 3 pour 5 cm de primocanne, et les sessiles un peu présentes. Les aiguillons sont tous égaux, 5 à 10 pour 5 cm, un peu inclinés à un peu courbés, de
8 mm max. de haut pour 8 mm de large, verts ou rougeâtres à la base. Les feuilles des primocannes possèdent 5 folioles digitées ou légèrement pédalées sur 1 à 2 mm. Les folioles ont une face supérieure glabre et une face inférieure à tomentum blanc et à pubescence hors tomentum faible et peu présente au toucher. Les stipules sont fines (L/l > 10), parfois un peu glanduleuses, de 11 à 17 mm par 1 à 1,3 mm. Le pétiole, à sillon très partiel, possède de 50 à 100 poils simples et généralement aucune glande stipitée par cm (au centre). Il a aussi 10 à 20 aiguillons courbés. La foliole terminale est suborbiculaire, très large, à apex de 14 mm max, à base échancrée, sans typicité de texture. Ses dents sont moyennes, larges et assez régulières. Le pétiolule représente entre 35% et 50% du limbe. L’inflorescence est en épi ± composé, à 15 à 40 fleurs sur des rameaux plutôt dressés possédant chacun 3 ou 5 fleurs au sommet. Elle est feuillée jusqu’aux premières fleurs par des feuilles à 3 folioles et son sommet terminal est nu et assez court. Les feuilles ont un tomentum blanc et moyennement doux au toucher au-dessous. L’axe possède de rares glandes stipitées (0 à 1 par cm), des poils simples et courts mêlés aux poils étoilés et des aiguillons par 4 à 5 pour 5 cm, inclinés à un peu courbés, de 3 à 5 mm de haut. Le pédicelle a 0 à 1 glande et des aiguillons par 0 à 4, inclinés et petits. La fleur possède des sépales réfléchis, courtement acuminés, gris (avec tomentum) et hirsutes, pratiquement sans glandes stipitées ni acicules. Les pétales sont roses, assez larges, 13 mm par 10 mm max., légèrement distants, et poilus aux marges. Les filets des étamines sont rose bien marqué, plus longs que les styles généralement verts. Les anthères sont glabres. Les fruits sont noirs et non pruineux, à plus de 40 carpelles poilus dans leur jeunesse, mais souvent mal formés à maturité. Le réceptacle est poilu.

Planche 15. Rubus lixoniensis Sudre ; L. Belhacène, CC-BY-NC-ND.

Rubus patulipes D.P. Mercier & L. Belhacène (Carnets bot. 139 : 11, 2023)

Cette ronce a été trouvée non loin de sa localité type (vallée du Lis, route de Superbagnères). Sa description originale et les planches d’herbier types de Sudre nous confirment le rapprochement qui est fait avec ce taxon. C’est une ronce de la série des Hystrix ou Glandulosi.

Description (planche 16)

La primocanne est arquée-couchée, à section de 4 à 7 mm, obtusangulée ou à faces planes, vertes ou rougeâtres au soleil, et sans pruine. Elle est nettement poilue (150 à 300 poils fasciculés par cm). Les glandes stipitées sont nombreuses (60 à 150 pour 1 cm de primocanne) et irrégulières. Les aiguillons sont inégaux (15 à 25 pour 5 cm de primocanne), droits à un peu courbés, de 6 mm max de haut pour 3 mm de large, généralement rouges à moitié supérieure jaunâtre. Les feuilles des primocannes ont 5 folioles digitées ou légèrement pédalées sur 1 à 2 mm, vert foncé, à face supérieure poilue (poils simples de 30 à 80 à cm²) et à face inférieure verte à poils simples, perceptibles au toucher. Les stipules sont fines (L/l > 10) glanduleuses et poilues, de 9 à 14 mm par 0,8 à 1,1 mm. Le pétiole, à sillon très partiel, est orné de 50 à 150 poils simples et 30 à 70 glandes stipitées par cm (au centre), ainsi que de 8 à 17 aiguillons inclinés, un peu courbés et fins. La foliole terminale est ovale à largement ovale, à apex de 15 mm max, échancrée à la base. Ses dents sont moyennes et un peu irrégulières. Le pétiolule représente entre 35% et 45% du limbe. L’inflorescence est en épi ± allongé et large, à rameaux nettement étalés. Les feuilles vertes à 3 folioles sont présentes jusqu’à la base de l’inflorescence, puis on trouve celles à 1 foliole dans le bas. Elles sont sans tomentum en dessous. L’axe possède de 70 à 130 glandes stipitées par cm. Il est hirsute et un peu poilu, avec 5 à 9 aiguillons par 5 cm, inclinés ou légèrement courbés, de 2,5 à 6 mm de haut. Les pédicelles sont très glanduleux et à nombreux aiguillons (5 à 15 pour 5 cm), droits et assez longs. Les fleurs ont des sépales d’abord souvent un peu réfléchis, puis étalés, acuminés, verdâtres ou grisâtres (avec un tomentum assez léger) et courtement hirsutes, à très nombreuses glandes stipitées courtes et homogènes et à acicules assez longs. Les pétales sont roses et largement ovales à suborbiculaires. Les filets des étamines sont rose foncé, plus longs que les styles verts (parfois un peu rosés à la base). Les anthères sont glabres. Les fruits sont noirs et non pruineux, à plus de 40 carpelles peu poilus dans leur jeunesse. Le réceptacle est un peu poilu.

Planche 16. Rubus patulipes D.P. Mercier & L. Belhacène ; L. Belhacène, CC-BY-NC-ND.

Rubus petricola Sudre (Bull. Ass. Franç. Bot. 4 (44-45) : 235, 1901)

Cette ronce a été retrouvée sur sa localité type (Saint-Mamet, vallée de la Pique). Si de petites différences de coloration des fleurs ont été constatées par rapport au type, la plante vue cette année est tout à fait conforme à la diagnose originelle et à la part l’herbier de Sudre. Elle est très proche de la suivante (R. saltuicola) dont elle diffère seulement par des folioles moins larges et plus blanches en dessous. C’est une ronce de la série des Discolores ou des Apiculati (du fait du très petit nombre de glandes stipitées possibles sur la primocanne).

Description (planche 17)

La primocanne est arquée, à section de 5 à 9 mm, à faces planes ou légèrement concaves, vertes ou rougeâtres au soleil. Elle est sans pruine mais un peu mate. Elle est poilue (35 à 100 poils fasciculés, assez courts, par cm de primocanne). Les glandes stipitées sont absentes ou seulement par 1 à 3 pour
5 cm de primocanne, et les sessiles absentes. Les aiguillons sont tous robustes et égaux en taille (de 9 mm max. de haut pour 6 mm de large), par 4 à 9 pour 5 cm, droits ou un peu courbés, et généralement rougeâtres. Les feuilles des primocannes possèdent 5 folioles légèrement pédalées sur 1 à 2 mm. Les folioles sont à face supérieure glabre et à face inférieure à tomentum blanc peu épais. Les stipules sont fines (L/l > 10) et un peu glanduleuses, de 11 à 16 mm par 0,5-1 mm. Le pétiole, à sillon très partiel, possède de 100 à 150 poils simples et des glandes stipitées rares (0 à 1), au centre et par cm. Il est orné de 10 à 20 aiguillons nettement courbés. La foliole terminale est ovale ou à peine obovale, à apex de 15 mm max., à base échancrée, et sans typicité de texture. Ses dents sont assez fortes, larges et assez irrégulières. Le pétiolule représente entre 35% et 50% de la longueur du limbe. L’inflorescence est pyramidale à rameaux plutôt étalés, nus à la base et avec généralement 2 à 3 fleurs. Elle est parfois feuillée assez haut par des feuilles à 1 ou 3 folioles, à tomentum blanc, moyennement douces au toucher au-dessous. L’axe est apparemment sans glandes stipitées, à poils simples par 25 à 70 par cm et à nombreux poils étoilés. Les aiguillons sont au nombre de 2 à 8 pour 5 cm. Ils sont un peu courbés et mesurent de 3 à 5 mm de haut. Les pédicelles possèdent 0(1) glande stipitée et 0 à 4 aiguillons droits et fins. Les fleurs ont des sépales un peu étalés, modérément acuminés, gris (avec tomentum), généralement sans glandes stipitées ni acicules. Les pétales sont rosés, ovales, de 10 mm par 5 mm max., un peu distants et poilus aux marges. Les filets des étamines sont blancs, plus courts que les styles roses (ou rougeâtres). Les anthères sont glabres. Les fruits, majoritairement avortés, sont noirs et non pruineux, à plus de 40 carpelles poilus dans leur jeunesse, mais majoritairement mal formés à maturité. Le réceptacle est poilu.

Planche 17. Rubus petricola Sudre ; L. Belhacène, CC-BY-NC-ND.

Rubus saltuicola Sudre (Bull. Ass. Franç. Bot. 5 (50-51) : 34, 1902)

Cette ronce a été retrouvée sur sa localité type (Saint-Mamet, vallée de la Pique). Si de petites différences de coloration des fleurs ont été constatées par rapport au type, la plante vue cette année est tout à fait conforme à la diagnose originelle et à la part l’herbier de Sudre. C’est une ronce de la série des Discolores ou des Apiculati (du fait du très petit nombre de glandes stipitées possibles sur la primocanne).

Description (planche 18)

La primocanne est arquée, à section de 6 à 14 mm, à faces planes ou légèrement concaves, vertes ou rougeâtres au soleil, et sans pruine. Elle est nettement poilue (70 à 150 poils fasciculés par cm) avec aussi des poils étoilés bien présents. Les glandes stipitées sont absentes ou seulement 1 à 3 pour 5 cm de primocanne, et les sessiles présentes. Les aiguillons tous robustes et ± inégaux en taille (5 à 20 pour 5 cm), sont droits ou un peu inclinés, de 9 mm max. de haut pour 6 mm de large, verts ou rougeâtres à la base. Les feuilles des primocannes ont 5 folioles légèrement pédalées sur 1 à 2,5 mm. Les folioles, à face supérieure glabre possèdent une face inférieure grisâtre, à tomentum ± marqué, et à pubescence hors tomentum faible et peu présente au toucher. Les stipules sont fines (L/l > 10) et un peu glanduleuses, de 13 à 20 mm par 1 à 1,3 mm. Le pétiole, à sillon très partiel, est orné de 10 à 40 poils simples (au centre) par cm et normalement sans glandes stipitées. Il possède aussi de 12 à 20 aiguillons nettement courbés. La foliole terminale est obovale, très large, à apex net de 17 mm max., à base échancrée, sans typicité de texture. Ses dents sont assez fortes, larges et assez irrégulières. Le pétiolule représente entre 35% et 40% de la longueur du limbe. L’inflorescence est pyramidale, avec 20 à 50 fleurs sur des rameaux plutôt étalés, nus à la base et avec généralement 3 ou 5 fleurs au sommet. Elle est feuillée jusqu’aux premières fleurs par des feuilles à 1 ou 3 folioles et son sommet terminal est nu. Les feuilles ont un tomentum blanc ou grisâtre et sont moyennement douces au toucher, au-dessous. L’axe possède quelques rares glandes stipitées (0 à 1 par cm), des poils simples (plus de 150 par cm) et des aiguillons par 4 à 5 pour 5 cm, inclinés, de 3 à 5 mm de haut. Les pédicelles présentent généralement de 0 à 1 glande et de 0 à 4 aiguillons, inclinés et petits. Les fleurs ont des sépales mal réfléchis ou un peu étalés, modérément acuminés, gris (avec tomentum) et hirsutes, pratiquement sans glandes stipitées ni acicules. Les pétales sont rosés, elliptiques, 12 mm par 7 mm max., un peu distants, et poilus aux marges. Les filets des étamines sont blancs ou rosulés, plus courts que les styles roses. Les anthères sont glabres. Les fruits sont noirs et non pruineux, à plus de 40 carpelles poilus dans leur jeunesse, mais souvent mal formés à maturité. Le réceptacle est poilu.

Planche 18. Rubus saltuicola Sudre ; L. Belhacène, CC-BY-NC-ND.

Rubus vigoi R. Roselló, Peris & Stübing (Fontqueria 36, 2 : 375, 1993)

Cette ronce n’était pas connue (au moins sous ce taxon) par Sudre. Ce n’est qu’assez récemment (1993) que ce taxon a été décrit et typifié. C’est une ronce bien présente au Portugal et en Espagne (pays de la localité type : Pina-Monte, Santa Bárbara, Sierra de Pina, 1 200 m). Les Espagnols, qui semblent bien reconnaître cette ronce, l’ont déjà recensée plusieurs fois dans la chaîne pyrénéenne dans les régions de Lérida, Huesca et Girone, ainsi qu’en Andorre. Il est donc tout à fait normal de pouvoir la rencontrer sur le versant français. C’est d’ailleurs (au moins en partie) ce que Sudre appelait R. macrostemon ou encore R. cyclopetalus. Nous pouvons donc confirmer ici, la présence de ce taxon en France. C’est une ronce de la série des Discolores.

Description (planche 19)

La primocanne est sub-dressée à arquée, à section de 7 à 12 mm, à faces nettement concaves, verte ou rougeâtre au soleil, et sans pruine. Elle est glabre ou presque : 0 à 3 poils fasciculés par cm. Les glandes stipitées sont absentes tout comme les sessiles. Les aiguillons sont tous robustes et égaux en taille, au nombre de 5 à 12 pour 5 cm de primocanne, droits ou un peu inclinés, parfois à peine courbés, de 8 mm de haut pour 8 mm de large max, verts ou rougeâtres à la base. Les feuilles des primocannes ont 5 folioles digitées ou légèrement pédalées sur 0,5 à 1 mm. Les folioles possèdent une face supérieure glabre ou presque (poils simples par 0 à 8 par cm²) et à face inférieure à tomentum blanc et à pubescence hors tomentum assez courte. Les stipules sont fines mais sans plus (L/l >, = ou < 10) et non glanduleuses, de 11 à 20 mm par 1 à 3 mm. Le pétiole, à sillon très partiel, possède de 5 à 18 poils simples par cm (au centre) et aucune glande stipitée. Il est orné de 7 à 17 aiguillons nettement courbés. La foliole terminale est ovale, parfois un peu large, à apex de 18 mm max. et à base ± échancrée. Ses dents sont assez fortes, larges et irrégulières (ondulées sur le frais). Le pétiolule représente entre 26% et 40% de la longueur du limbe. L’inflorescence est pyramidale ou un peu cylindrique, à fleurs assez nombreuses, sur des rameaux plutôt dressés portant généralement 3 ou 5 fleurs chacun. Elle est parfois feuillée assez longuement par des feuilles à 1 puis 3 folioles. Les feuilles ont un tomentum blanc, moyennement doux au toucher au-dessous. L’axe possède des poils simples par moins de 80 par cm, avec peu ou pas de poils étoilés et à aiguillons par 2 à 6 pour 5 cm, courbés, de 3 à 6 mm de haut. Les glandes stipitées sont absentes. Les pédicelles sont sans glandes et à 0 à 10 aiguillons, droits ou courbés. Les fleurs ont des sépales réfléchis, modérément acuminés, gris (avec tomentum) et un peu hirsutes, sans glandes stipitées ni acicules. Les pétales sont blancs, largement ovales, de 15 mm par 11 mm max., très peu distants, et peu poilus aux marges. Les filets des étamines sont blancs, plus longs que les styles verdâtres. Les anthères sont glabres. Les fruits sont noirs et non pruineux, à plus de 40 carpelles un peu poilus dans leur jeunesse, mais souvent mal formés à maturité. Le réceptacle est un peu poilu.

Planche 19. Rubus vigoi R. Roselló, Peris & Stübing ; L. Belhacène, CC-BY-NC-ND.

5. Proposition d’une clé dichotomique de détermination des ronces (trouvées à ce jour et en plusieurs endroits) du Luchonnais (département de la Haute-Garonne)

1 – Stipules portées par la tige (partiellement parfois aussi par la base du pétiole) ; filet des étamines aplati au sommet ; tiges herbacées annuelles, non pruineuses ; fruit à maturité à seulement 1-8 drupéoles rouges et luisantes non poilues = Sous-genre Batotypus

1 – Stipules portées uniquement sur le pétiole ; filet des étamines non aplati au sommet ; tige généralement bi ou pluriannuelle (si annuelle, alors pruineuse) ; fruit à maturité noir ou rouge et poilu

2 – Fruit à maturité rouge se séparant entièrement du réceptacle conique (framboise) ; feuilles à 5-7 folioles pennées ; turion dressé et drageonnant = Sous-genre Idaeobatus

2 – Fruit différent (mûre) ; feuilles à 3-5 folioles digitées ou pédalées ; turion arqué, non drageonnant

3 – Stipules de plus de 1,5-2 mm de large (bien élargies au milieu) ; pétioles des feuilles adultes tous canaliculés sur toute leur longueur ; folioles terminales souvent assez larges et les basales à pétiolule très court = Sous-genre Glaucobatus

3 – Stipules généralement de moins de 1,5-2 mm de large (fines) ; pétioles des feuilles adultes souvent seulement partiellement canaliculés ; feuilles à folioles souvent un peu différentes

= Sous-genre Rubus

 

Sous-genre Batotypus

Rubus saxatilis L.

 

Sous-genre Glaucobatus

1 – Plante réunissant les critères suivants : fruits fortement recouverts d’une pruine bleutée, fleurs généralement avec moins de 20 carpelles, turion pruineux, cylindrique, glabre (ou à poils étoilés seulement) à aiguillons de 1-2,5(3) mm de long, feuilles toutes trifoliolées (sauf rarement celles de la base du turion) à folioles sans poils étoilés, fleurs à pétales blancs et carpelles et anthères glabres = Rubus caesius L.

1 – Plante ne présentant pas l’ensemble des critères de R. caesius

2 – Fruits à drupéoles toutes ou très majoritairement avortées ; primocanne glanduleuse ou non, poilue ou non ; fleurs blanches ou roses = Rubus section Corylifolii

2 – Fruits àdrupéoles toutes ou très majoritairement bien formées ; primocanne sans glandes stipitées, et glabre ; fleurs roses

3 – Folioles nettement convexes (en forme de coque de palourde) et se chevauchant très nettement ; sépales étalés ou mal réfléchis (pendant la fructification) et courts ; inflorescence en tête compacte ; plante plutôt couchée = Rubus martrinii Sudre

3 – Folioles plutôt plates et ne se chevauchant pas ou peu ; sépales nettement réfléchis (pendant la fructification) et plus allongés ; inflorescence plus allongée (pyramidale) ; plante plutôt arquée

= Rubus amplistipulus Sudre ex B.D. Jacks.

 

Sous-genre Idaeobatus

Rubus idaeus L.

 

Sous-genre Rubus

1 – Pétioles des feuilles adultes entièrement canaliculés ou sur plus des 3/4 et dessous des folioles avec un tomentum blanc = Serie Subcanescentes

1 – Pétioles des feuilles adultes non canaliculés sur toute leur longueur (sur moins des 3/4) ou alors avec dessous des folioles vert (sans tomentum)

2 – Plante sans glandes stipitées nulle part (possibilité de glandes sessiles)

3 – Sépales étalés ou dressés à la fructification = Série Grati

3 – Sépales réfléchis à la fructification

4 – Dessous des folioles entièrement vert, sans poils étoilés formant un tomentum (parfois avec de nombreux poils simples) = Série Silvatici

4 – Dessous des folioles avec des poils étoilés présents formant un tomentum ± blanchâtre ou « grisâtre » (parfois aussi des poils simples) = Série Discolores

2 – Plante avec des glandes stipitées au moins dans l’inflorescence, mais souvent aussi sur la primocanne (plus de 1 pour 5 cm)

3 – Dessous des folioles avec des poils étoilés présents formant un tomentum ± blanchâtre ou « grisâtre » (parfois aussi des poils simples)

4 – Primocanne à nombreux aiguillons élargis à la base et nombreuses glandes très hétérogènes formant un continuum = Série Hystrix

4 – Primocanne à aiguillons homogènes et élargis à la base (possibilité de présence de micro-aiguillons conformes aux grands aiguillons en plus petits)

5 – Glandes stipitées nombreuses, même sur la primocanne = Série Radula

5 – Glandes stipitées rares (0 à 15 par cm) sur la primocanne mais toujours bien présentes au moins dans l’inflorescence

6 – Dessous des folioles à très nombreux poils simples formant un coussin très doux au toucher ; primocanne généralement très poilue = Série Vestiti

6 – Dessous des folioles glabre ou peu poilu, jamais très doux au toucher ; primocanne généralement non très poilue = Série Apiculati

3 – Dessous des folioles sans poils étoilés formant un tomentum, entièrement vert ou grisâtre (parfois de nombreux poils simples)

4 – Primocanne à aiguillons fins, peu élargis à la base (moins de 3-3,5 mm) = Série Glandulosi

4 – Primocanne à aiguillons élargis à la base (possibilité de présence de micro-aiguillons conformes aux grands aiguillons en plus petits)

5 – Glandes stipitées nombreuses, même sur la primocanne (plus de 20 par cm de primocanne)

6 – Primocanne à nombreux aiguillons élargis à la base et nombreuses glandes très hétérogènes formant un continuum = Série Hystrix

6 – Primocanne à aiguillons homogènes et au moins un peu élargis à la base (possibilité de présence de micro-aiguillons conformes aux grands aiguillons en plus petits) = Série Pallidi

5 – Glandes stipitées rares sur la primocanne (de 0 à 15 par cm de primocanne) mais toujours bien présentes au moins dans l’inflorescence

6 – Dessous des folioles à très nombreux poils simples formant un coussin très doux au toucher ; plante souvent un peu robuste et arquée = Série Hypomalaci

6 – Dessous des folioles glabre ou peu poilu, jamais très doux au toucher ; plante généralement couchée = Série Sprengeliani

 

Série Apiculati

1 – Sépales plutôt dressés à la fructification ; pétales blancs ou rosulés (styles verdâtres)

= Rubus saltuivagus Sudre ex K. Schum.

1 – Sépales non dressés à la fructification ; pétales roses

2 – Folioles sans tomentum et plutôt vertes en dessous = Rubus saltuicola Sudre

2 – Folioles à tomentum blanc en dessous

3 – Styles rosâtres = Rubus petricola Sudre

3 – Styles verdâtres = Rubus lixoniensis Sudre

 

Série Discolores

1 – Sépales réfléchis à la fructification

2 – Critères suivants réunis : turion pruineux et tomenteux (sans poils allongés mais à poils étoilés), floricanne à axe et pédicelles sans poils simples, folioles à face inférieure avec un tomentum blanc et ras, folioles à face supérieure glabre, style à base généralement rougeâtre (parfois peu)

= Rubus ulmifolius Schott

2 – Plante différente

3 – Folioles nettement et mollement poilues sur le dessus

4 – Pétales roses (parfois assez pâle) = Rubus emollitus Sudre

4 – Pétales blanc pur (rarement à peine rosulés en bouton) = Rubus aurensis (Sudre) K. Schum. & Fedde

3 – Folioles glabres ou juste un peu poilues sur le dessus

4 – Primocanne densément poilue hirsute

5 – Folioles à apex long et très individualisé ; plante sans glandes stipitées nulle part mais à glandes sessiles sur la primocanne = Rubus lasiothyrsus (Sudre) Sudre

5 – Folioles à apex court et mal individualisé ; plante pouvant avoir quelques glandes stipitées (primocanne et floricanne) mais sans glandes sessiles = Rubus belhacenei A. Beek & D.P. Mercier

4 – Primocanne glabre ou moins poilue (moins de 50 poils par cm de primocanne)

5 – Feuilles des primocannes à folioles larges, se chevauchant ; primocanne relativement poilue

6 – Pétales et filets des étamines blancs = Rubus valdoproximus Sudre ex K. Schum.

6 – Pétales et filets des étamines rose franc = Rubus lixoniensis Sudre

5 – Feuilles des primocannes à folioles ne se chevauchant pas ; primocanne glabre ou presque

6 – Folioles terminales nettement obovales, en coin à la base ; primocannes à faces planes ou convexes = Rubus hebetatus (Sudre) Sudre

6 – Folioles terminales ovales ou obscurément obovales et arrondies à la base ; primocannes à faces concaves = Rubus vigoi R. Roselló, Peris & Stübing

 

Série Glandulosi

1 – Filets des étamines plus courts que les styles

2 – Foliole terminale elliptique, assez étroite = Rubus flaviflorens (Sudre) K. Schum. & Fedde

2 – Foliole terminale assez largement ovale à obovale

3 – Primocanne très densément poilue = Rubus galbinifrons (Sudre) K. Schum. & Fedde

3 – Primocanne très peu poilue = Rubus interruptus (Sudre) R. Keller

1 – Filets des étamines plus longs que les styles

2 – Feuilles des primocannes à 3 folioles ; filets des étamines blancs

3 – Primocanne glabre (ou presque) ; styles verts = Rubus argutispinus Sudre

3 – Primocanne un peu poilue ; styles ± rosâtres = Rubus chaumierensis L. Belhacène

2 – Feuilles des primocannes à 5 folioles (en majorité) ; filets des étamines roses

3 – Primocanne à moins de 100 poils par cm ; styles rose foncé (rouges) = Rubus hospitii L. Belhacène

3 – Primocanne à plus de 100 poils par cm (et bien hirsute) ; styles verts, ± rosâtres à la base

= Rubus patulipes (Sudre) L. Belhacène

 

Série Grati

1 – Sépales non réfléchis (étalés ou dressés) à la fructification

2 – Filet des étamines plus court que les styles ;

3 – Sépales plutôt dressés à la fructification ; pétales blancs ou rosulés et styles verdâtres

= Rubus saltuivagus Sudre ex K. Schum.

3 – Sépales plutôt juste étalés à la fructification ; pétales rosés et styles rosâtres

4 – Folioles à tomentum blanc en dessous = Rubus petricola Sudre

4 – Folioles sans tomentum et plutôt vertes en dessous = Rubus saltuicola Sudre

2 – Filet des étamines plus long que les styles

3 – Aiguillons de l’inflorescence plutôt courts et ténus ; inflorescence en tête courte ou à rameaux perpendiculaires   = Rubus pedatifolius Genevier

3 – Aiguillons de l’inflorescence longs, droits et bien marqués ; inflorescence plutôt allongée à rameaux ascendants = Rubus longipetalus P.J. Müll. & Timb.-Lagr. ex D.P. Mercier

 

Série Hypomalaci

= Rubus timballagravei P.J. Müll. ex Boulay

 

Série Hystrix

= Rubus cataractarum Sudre

 

Série Pallidi

1 – Filets des étamines plus courts que les styles = Rubus inaequabilis (Sudre) K. Schum. & Fedde

1 – Filets des étamines plus longs que les styles

2 – Foliole terminale largement obovale = Rubus argutipilus (Sudre) K. Schum. & Fedde

2 – Foliole terminale ovale = Rubus fortispinus Sudre

 

Série Silvatici

= Rubus elongatispinus Sudre

 

Série Subcanescentes

1 – Tous les critères réunis : fruits à drupéoles toutes développées (15-30 drupéoles par fruit), pétales blanc crème, jaunissant un peu à la dessiccation (jamais de rose), glabres comme les anthères et les carpelles, dessous des folioles blanc tomenteux (poils courts étoilés très denses et poils longs simples très nombreux), dessus des folioles pourvu de poils étoilés bien présents ou totalement glabre (sauf les bords des dernières folioles au sommet de l’inflorescence), primocanne jamais pruineuse à aiguillons de moins de 6 mm, foliole terminale des feuilles de la primocanne sans apex net = Rubus aetnicus Weston (= R. canescens DC.)

1 – Au moins un critère différent = Rubus section Subcanescentes

 

Série Vestiti

1 – Pétales roses = Rubus granitophilus (Sudre) B.D. Jacks.

1 – Pétales blancs = Rubus belhacenei A. Beek & D.P. Mercier

Une bonne partie de l’équipe batologique de la SBOcc devant Rubus valdeproximus ; L. Belhacène, CC-BY-NC-ND.

Bibliographie

Belhacène L. et al., 2021. Compte rendu de la première sortie batologique du groupe Rubus de la SBOcc : le Haut-Languedoc. Carnets botaniques 75 : 1-15.

Belhacène L. & Mercier D.P., 2023. Quelques changements nomenclaturaux pour le genre Rubus (2). Carnets botaniques 139 : 1-15.

Belhacène L. & Gritti C., 2024. Compte rendu de la sortie batologique du groupe Rubus de la SBOcc : la vallée d’Aure dans les Pyrénées centrales. Carnets botaniques 230 : 1-28.

Sudre H., 1898-1903. Excursions batologiques dans les Pyrénées ou description et analyse des Rubus des Pyrénées françaises, fascicules 1-4. Imprimerie de l’Institut de bibliographie, Le Mans, 219 p.

Sudre H., 1908-1913. Rubi europae vel Monographia Iconibus Illustrata Ruborum Europae. Librairie des sciences naturelles Léon Lhomme, Paris, 305 p.

Remerciements

Nous remercions Valérie Martin-Rolland pour sa fidèle relecture, ainsi que toute l’équipe de la SBOcc pour leurs compétences éditoriales et cette superbe possibilité de publier.