Mme Florine Pépin

Botaniste dans un bureau d’étude (SARL Pépin-Hugonnot), elle y réalise des expertises floristiques, en phytosociologie et en conservation.

Adresse : Le Bourg F-43380 Blassac

Articles de l’auteur

Orthotrichum comosum F. Lara, R. Medina & Garilleti (Orthotrichaceae) dans le Var et en Corse : premières mentions pour la France

Orthotrichum comosum, récemment reconnu comme espèce distincte au sein du complexe O. tenellum, est désormais confirmé en France grâce à des récoltes faites en Corse et dans le Var. Ce taxon ouest-méditerranéen se caractérise notamment par une calyptra portant un bouquet terminal de poils papilleux et des feuilles aiguës à acuminées, non canaliculées. En Corse, il forme une population très abondante dans des chênaies vertes montagnardes, tandis que le Var n’abrite que quelques touffes disséminées. Sa niche écologique en France demeure encore mal comprise et nécessite des investigations ciblées afin de préciser sa distribution réelle et ses exigences au sein des cortèges épiphytes méditerranéens. L’espèce ne semble toutefois pas menacée en France.

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Isothecium algarvicum (Lembophyllaceae) dans le Var (France) : première mention pour la France et implications phytogéographiques

La présence d’Isothecium algarvicum dans un vallon à Quercus ilex et Erica arborea du littoral varois constitue la première mention française et marque la limite nord-est de son aire connue. Ce microrefuge héberge une flore bryologique hygrophile à composante relictuelle, incluant Lophocolea fragrans et Fissidens serrulatus. Cette situation évoque d’autres distributions disjointes d’espèces atlantiques relictuelles en Méditerranée occidentale. L’ensemble suggère la persistance locale de conditions favorables héritées de paysages subtropicaux néogènes. L’espèce se maintient par reproduction végétative, sans sporophyte ni individus femelles observés, traduisant probablement un isolement ancien. Le site présente ainsi une haute valeur biogéographique et conservatoire, en tant que réservoir d’une diversité relictuelle atlantico-méditerranéenne.

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Les bryophytes des îles d’Hyères - Porquerolles, Port-Cros, Le Levant (Hyères, Var, France) - : inventaire, atlas cartographique, groupements bryophytiques et conservation

L’archipel des îles d’Hyères, en Méditerranée nord-occidentale, présente une bryoflore diversifiée à dominante méditerranéenne. À partir de données historiques et de prospections récentes (2007-2024), un inventaire actualisé a permis de recenser 171 taxons (2 anthocérotes, 34 hépatiques, 135 mousses), après exclusion de 20 taxons incertains ou erronés. La richesse spécifique varie selon les îles, Port-Cros étant la plus diversifiée, notamment en hépatiques, en lien avec la présence de forêts anciennes. Trente-huit groupements bryophytiques ont été identifiés, répartis selon les principaux types de substrats (terricoles, saxicoles, corticoles, saprolignicoles). La flore est dominée par les Pottiaceae, Brachytheciaceae et Bryaceae, caractéristiques des milieux xériques méditerranéens. Le spectre biogéographique montre une forte proportion d’espèces euryméditerranéennes, avec quelques éléments atlantiques dans les habitats forestiers les plus frais. Cette synthèse constitue une base pour le suivi écologique et la gestion conservatoire des bryophytes de l’archipel.

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Révision chorologique et écologique de Buxbaumia viridis, espèce protégée en France

La chorologie et l’écologie de Buxbaumia viridis, espèce réputée strictement montagnarde à subalpine saprolignicole, sont revues sur la base d’observations nouvelles, réalisées récemment en France. Cette espèce est en fait largement répandue en dehors des massifs montagneux, en plaine et dans la région méditerranéenne, mais sous forme de populations gamétophytiques indépendantes. D’autre part, sous cette forme, elle semble posséder une amplitude écologique beaucoup plus large. Elle s’est révélée capable de coloniser des aulnaies marécageuses, des tremblaies, des corylaies, etc., voire même des habitats non forestiers secs, comme des rochers granitiques humifères, ce qui contraste fortement avec les habitats habituellement recensés. Les investigations méritent d’être poursuivies sur le terrain et au laboratoire afin de cerner avec plus de précision encore le comportement écologique et la répartition nationale de l’espèce. Les implications conservatoires de ces nouveaux apports sont brièvement discutées.

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